par le Dr David T. Zava, PhD

Voici une réponse bien documentée que le Dr David Zava a écrit à l’intention des médecins qui propagent encore l’idée que la progestérone naturelle produit les mêmes effets que les progestines synthétiques.

Quand il parle des nombreux médecins qui confondent encore progestérone et progestines, le Dr Zava n’y va pas par quatre chemins: «Je suis vraiment en désaccord avec les médecins qui propagent l’idée que «les progestines causent plus de cancers du sein que les oestrogènes, parce qu’elles agissent comme la progestérone». Oui en effet, les progestines synthétiques augmentent le risque d’avoir un cancer du sein, mais il n’a pas encore été prouvé que la progestérone naturelle ou bio-identique fait la même chose. C’est même tout le contraire! Plus loin, vous trouverez des arguments qui expliquent pourquoi je suis en faveur de l’utilisation de la progestérone bio-identique dans la prévention du cancer du sein, avec pour référence les recherches du Dr Agnès Fournier qui traitent de ce sujet.»

Le Dr Zava se fonde sur une analyse découlant de l’importante étude E3N, menée en France qui s’est penchée sur la relation entre différents progestagènes combinés à l’œstrogène, et le risque de développer un cancer du sein. En premier lieu, il est important de définir ce que l’on entend par «progestagène». Les progestagènes sont des molécules qui ont une action progestative semblable à celle de la progestérone et qui peuvent se lier et activer les récepteurs intracellulaires de la progestérone. Les progestagènes incluent toutes les formes de progestines synthétiques ainsi que la progestérone naturelle. Pour résumer, l’analyse en question, menée par le Dr Agnès Fournier et ses collègues a établi le fait que parmi tous les progestagènes étudiés, la molécule qui causait le moins de risques de cancers du sein était la progestérone naturelle ou bio-identique, même que le risque était plus bas avec la progestérone bio-identique, que sans traitement.

«Plus tard,» précise-t-il, «le Dr Fournier et ses collègues ont effectué une seconde recherche avec les mêmes données que celles de la recherche précédente (sur les femmes ménopausées), pour vérifier le risque de développer un cancer du sein selon le type de tumeur (ductale ou lobulaire). Ils ont aussi regardé si les tumeurs contenaient des récepteurs pour les oestrogènes ou pour les progestagènes. Il y a quatre types de tumeurs selon qu’elles possèdent des récepteurs pour les oestrogènes (ER) ou pour les progestagènes (PR): ER+/PR+, ER+/PR-, ER-/PR+ et ER-/PR-. La plupart des cancers du sein (60-70%) sont de type (ER+/PR+), et environ 20 à 30% sont parmi les autres types (dont 10-15% sont ER-/PR-). Dans les années 1970, j’ai contribué à développer la technologie qui a servi à faire cette étude, et j’ai aussi été en charge de 3 laboratoires de dépistage du cancer du sein qui ont fait ce genre d’analyses pendant plusieurs années (jusque dans les années 1990). J’ai beaucoup étudié les lignées cellulaires cancéreuses ainsi que celles d’échantillons cliniques post-opératoires et j’ai publié plusieurs articles au sujet du cancer du sein.»

Ce que Agnès Fournier et son groupe de recherche ont découvert dans la seconde étude (J Clin Oncol 26 (8): 1260-1268, 2008), c’est qu’une combinaison d’oestrogènes et de progestagènes (incluant la progestérone naturelle) utilisés pendant plus de 5 ans est associée à une augmentation du risque de développer un cancer du sein, peu importe le type de cancer (ductal ou lobulaire). De plus, il importe de souligner que le risque avec une combinaison d’œstrogène et de progestagène est moins élevé qu’avec l’œstrogène utilisé seul (1.7 vs 2.1 respectivement), et que de tous les progestagènes, la progestérone bio-identique comportait le moins de risques. Il y a donc différentes façons d’interpréter les données et il est important de garder à l’esprit que cette étude n’a pas fait d’essais avec la progestérone bio-identique seule, mais seulement en combinaison avec l’oestrogène. Le Dr Zava souligne que si on regarde de près les données, on peut observer que la progestérone bio-identique diminue le risque de cancer du sein causé par l’utilisation à long terme d’oestrogènes (i.e. le risque diminue de 2.1 à 1.7).

Le Dr Zava fait remarquer que les recherches du Dr Fournier ne comparent pas les effets de la progestérone orale avec ceux de la progestérone transdermique. «Dans nos laboratoires», dit-il, «nous avons dosé le niveau de progestérone dans des centaines de milliers d’analyses salivaires et de sang capillaire, et nous avons observé que le niveau de progestérone était beaucoup plus élevé lorsque cette hormone est administrée par voie transdermique que par voie orale. La progestérone doit arriver au tissu lutéal (ovaires) pour pouvoir agir comme un antagoniste de l’œstrogène, et pour éviter que ce dernier stimule de façon excessive la prolifération des cellules mammaires, ce qui augmente le risque de développer un cancer du sein. Les femmes qui ont un excès d’œstrogène par rapport à la progestérone sont plus à risque de développer des maladies bénignes du sein qui peuvent se transformer en cancer (Sitruk-Ware et.al. J clin Endocrinol Metab 44, 771, 1977). Aussi, chez les femmes préménopausées, un niveau de progestérone endogène peu élevé pendant la phase lutéale (après l’ovulation) est associé avec une augmentation du risque de développer un cancer du sein (Micheli et.al. Int J Cancer 112, 312-318, 2004).»

La progestérone administrée par voie orale est détruite en grande partie au niveau du système digestif, bien avant son entrée dans la circulation sanguine et sa livraison aux tissus. Selon les tests salivaires et de sang capillaire, la progestérone administrée par voie transdermique est 20 à 100 fois plus efficace au niveau des tissus. Les études chez l’homme ont démontré qu’une quantité physiologique de progestérone (20-50 mg) administrée par voie transdermique fournissait une quantité physiologique de progestérone aux tissus mammaires et empêchait également la prolifération cellulaire causée par la stimulation par les oestrogènes (Chang KJ et.al. Fert Sterility 63: 785-791, 1995 and De Boever J et.al. Endocrinol of Cystic Breast Disease, 1983).

«Ce qui m’inquiète,» déclare le Dr Zava, «c’est que les femmes qui utilisent une thérapie hormonale substitutive à base de comprimés d’oestrogènes et de progestérone n’aient pas suffisamment de progestérone au niveau des tissus, pour contrebalancer les effets de l’oestrogène qui favorisent la multiplication cellulaire. Et malheureusement, le ratio progestérone vs œstrogène n’est pas évalué dans ces études. L’étude du Dr Fournier mentionnée précédemment ne s’est penchée que sur les effets de la progestérone en comprimés et non ceux de la progestérone administrée par voie transdermique. Selon les résultats des tests salivaires et de sang capillaire, et selon les niveaux de progestérone mesurés dans les tissus au cours de cette étude, il est clair que la progestérone sous forme transdermique est beaucoup plus efficace que celle en comprimés pour fournir un niveau physiologique de progestérone aux tissus mammaires et pour contrôler la prolifération cellulaire due à la stimulation par l’œstrogène.»

Malgré toutes les études cliniques et toute la connaissance scientifique à ce sujet, il est fâcheux que seule une petite étude (Plu-Bureau G et.al. Cancer Detect Prev 23(4), 290-296, 1999) ait regardé le risque de développer un cancer du sein avec l’utilisation de la crème à la progestérone d’une manière similaire à ce que le Dr John Lee recommandait (10-30 mg de progestérone transdermique chaque jour). Dans cette étude, les chercheurs ont démontré que le risque était réduit de moitié (0.5) chez les personnes qui utilisaient de la progestérone transdermique depuis plus de 3 ans. Cela est très logique si on regarde la biochimie qui se cache derrière l’administration de progestérone par voie transdermique (effet protecteur).

Lorsque je suggère à des personnes très haut placées dans le domaine de la recherche clinique, d’étudier au moins la relation entre la progestérone transdermique et le risque de développer un cancer du sein, je me fais dire qu’il serait étonnant que la progestérone administrée par voie transdermique puisse avoir un effet quelconque puisqu’elle ne fait pas augmenter le niveau de progestérone dans le sang. Cela est absolument vrai, et c’est vrai aussi pour toutes les hormones transdermiques. Mais pourtant, l’utilisation de progestérone transdermique fait augmenter le niveau de progestérone dans la salive, le sang capillaire et dans les tissus. Avec cette donnée en main, on n’a pas besoin d’être un génie pour en déduire que lorsque les hormones sont administrées par voie transdermique, il y a quelque chose qui ne va pas avec les analyses sanguines.

Heureusement qu’un jour l’establishment médical finira bien par se réveiller et par écouter ce que les femmes disent depuis des années à leur médecin – la progestérone transdermique fonctionne. Ils pourront ensuite découvrir ce qu’ils ont sous le nez depuis tant d’années déjà, soit les articles scientifiques qui prouvent l’utilité et l’efficacité de la progestérone transdermique.


Le Dr. Zava a obtenu son doctorat en biochimie en 1974, à l’Université du Tennessee. En tant que fondateur du laboratoire ZRT, il a développé durant la dernière décennie, des projets de recherche avec des médecins et des groupes de recherches pour comprendre le rôle des hormones stéroïdes dans la santé et dans la maladie. Il est co-auteur avec le Dr. John Lee du livre «What Your Doctor May Not Tell You About Breast Cancer.»

Pour plus d’informations sur les tests hormonaux, visitez le www.zrtlab.com

Source
http://www.bio-hormone-health.com/2011/05/18/natural-progesterone-as-a-preventive-for-breast-cancer-by-dr-david-zava/

Référence scientifique
Unequal risks for breast cancer associated with different hormone replacement therapies: results from the E3N cohort study
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2211383/

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