Le 1er décembre 2006, aux nouvelles de Radio-Canada et sur son site web, sous la rubriqueScience et Santé, il y avait un reportage intitulé: «Le cancer en héritage». Il s’agissait d’un compte rendu des résultats d’une étude sur un gène qui porte le nom de BRCA1 (BR=breastCA= cancer).Sur l’internet on lisait: «Des chercheurs américains viennent d'illustrer le rôle d'un certain gène dans la survenue du cancer du sein. Pour ce faire, ils ont prescrit la pilule abortive RU-486 à des souris de laboratoire. L'expérience menée à l'Université de Californie à Irvine montre à quel point le gène BRCA1 fait des ravages simplement en fabriquant une hormone, la progestérone.La pilule RU-486 bloque la progestérone et empêche le développement du cancer.» Ce reportage était basé sur un article publié dans le numéro du 1er décembre de la revueScience, faisant état d’une étude sur ce fameux gène qui prédisposerait au cancer du sein. Cependant, à la lecture de cet article il est tout à fait évident que le reportage de Radio-Canada contenait des erreurs inexcusables pour notre société nationale d’information.

Tout d’abord le gène BRCA1, qui fait partie du bagage génétique de toutes les femmes, ne fait pas de ravages à moins qu’il soit défectueux. Seulement 5% des cancers héréditaires sont attribuables à une mutation génétique du BRCA1. Chez la vaste majorité des femmes qui ont hérité d’une copie normale de ce gène, il a pour fonction de protéger les tissus mammaires car il peut non seulement dépister mais aussi réparer les erreurs qui se glissent dans notre code génétique. Il est donc faux de dire que le gène BRCA1 fait des ravages par sa seule présence... il est, au contraire, l’ami des femmes!

L’autre erreur monumentale dans le reportage de Radio-Canada est dire que le gène BRCA1 fabrique de la progestérone. Qu’il soit défectueux ou non, ce gène de peut absolument pas fabriquer de progestérone!Il n’y a que les glandes surrénales, les ovaires et les testicules qui fabriquent cette hormone. De toute façon, ce n’est pas la progestérone elle-même qui est mise en cause dans ce cas, mais plutôt les RÉCEPTEURS CELLULAIRES de progestérone. Voici ce que dit le résumé de l’étude:

«Progesterone receptors are overexpressed in the mutant mammary epithelial cellsbecause of a defect in their degradation by the proteasome pathway.»

Les récepteurs cellulaires pour les différentes hormones que produit notre corps sontdes protéines spéciales présentes dans les cellules. C’est en se liant à ces protéines, quisont spécifiques à chaque hormone, que le message hormonal peut être livré aux celluleset stimuler la réponse inscrite dans les gènes de la cellule pour cette hormone.Le termeanglais «overexpressed» veut dire que les récepteurs cellulaires de progestérone dansles cellules épithéliales des seins qui sont en voie de mutation à cause de la présence dugène BRCA1 défectueux sont plus sensibles que dans les cellules normales. Par conséquenten présence de progestérone ces récepteurs cellulaires réagiront davantage et l’on croit quecela pourrait accélérer le développement du cancer.Il faut bien comprendre qu’il n’a jamais étédémontré que les hormones, que ce soit la progestérone ou même l’oestrogène, étaient à l’originedu cancer. De toute façon, les chercheurs ne comprennent pas encore vraiment l’étiologie et ledéveloppement du cancer du sein.Tout ce que l’on sait sur le rôle des hormones, et surtout del’oestrogène, est qu’elles peuvent accélérer le développement d’une mutation cellulaire déjà existante.

La mutation cellulaire est déclenchée par des dommages à l’ADN qui peuvent avoir plusieurscauses. Environ 10% des cancers sont attribuables à diverses causes génétiques, entre autresle gène BRCA1 défectueux. Il y a de plus en plus d’évidence que les dommages à l’ADN causéspar les radicaux libres provenant de la pollution, des produits chimiques, de l’alimentation dévitaliséeet chimifiée, de l’intoxication intestinale et du stress sont parmi les principales causes du cancer, ycompris les cancers hormonodépendants comme le cancer du sein.

Afin d’étudier le rôle de la progestérone chez les femmes ayant le gène BRCA1 défectueux, ona administré le RU-486, un médicament abortif anti-progestérone qui a bloqué toute action de laprogestérone sur ses propres récepteurs hypersensibles. Cette étude n’a toutefois pas prouvé quela suppression de la progestérone pouvait stopper la mutation déjà enclenchée chez les femmesporteuses du gène défectueux. D’ailleurs, dans une autre étude les chercheurs ont constaté que chezles femmes ayant une copie normale du gène BRCA1, ce gène a une interaction avec les récepteursde progestérone, même en l’absence de cette hormone, pour conférer une protection contre ledéveloppement des tumeurs. Comme on dit dans les cercles scientifiques... il faut que la recherchese poursuive pour en savoir davantage (avant de sauter à de fausses conclusions comme le fait Radio-Canada!).

Mais on a des bonnes nouvelles sur le plan de la nutrition: dans une autre étude il a été démontréque les acides gras essentiels de type oméga 3 renforçaient l’action anti-tumorale du gène BRCA1.Par contre, on a aussi constaté que le cortisol (l’hormone du stress), pouvait diminuer la fonctionanti-tumorale du gène BRCA1, ce qui explique pourquoi le stress constitue un facteur de risque pourle cancer du sein pour toutes les femmes, mais en particulier pour celles chez qui ce gène est défectueux.





   

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