Une étude a constaté que l’extraction d’une tumeur cancéreuse au sein n’a pas nécessairement besoin d’être accompagnée de l’ablation des ganglions lymphatiques sous le bras, une procédure qui risque d’avoir des séquelles à long terme car le bras affecté aura tendance à enfler et à causer de la douleur chronique. Cette étude a comparé des femmes qui avaient subi ce genre d’intervention avec un groupe de femmes qui avaient gardé leur système lymphatique intact, et on a constaté que l’ablation des ganglions n’avait pas prolongé la survie ou prévenu le retour du cancer.

L’ablation de tous les ganglions sous le bras du côté où le cancer a été détecté a longtemps été le protocole standard . Puis dans les années 90 on a limité l’intervention aux ganglions sentinelles, préservant les autres ganglions à moins d’avoir détecté du cancer dans les ganglions sentinelles, ce qui représente environ 25 pour cent des cas.

Cette étude a suivi pendant cinq ans 991 femmes qui avaient subi l’extraction d’une tumeur cancéreuse, avaient un ganglion sentinelle atteint, et reçu un traitement par radiation. Chez la moitié de ces femmes on avait enlevé tous les ganglions alors que pour l’autre moitié on les avait préservés.

Après cinq ans, on n’a constaté aucune différence dans la survie ou les récidives entre les deux groupes de femmes. Quelque 82,2 pour cent des femmes à qui on avait enlevé tous les ganglions étaient vivantes et en rémission, par rapport à 83,8 pour cent des femmes qui avaient gardé leurs ganglions. 4,3 pour cent des femmes traitées agressivement avaient eu une récidive par rapport à 3,4 pour cent chez les femmes traitées moins agressivement. Les preuves sont des plus convaincantes qu’une approche agressive n’est pas nécessaire» a déclaré le chercheur principal de cette étude, le Dr Armando Guiliano du John Wayne Cancer Institute de Santa Monica en Californie.

Il faut noter que chez le quart des participantes à cette étude le cancer s’était répandu au-delà des ganglions sentinelles. Mais grâce à un traitement unique de radiation post-opératoire administré à ces femmes, le cancer n’a pas progressé.

Cette intervention s’est faite à la lumière d’une autre étude récente qui a démontré qu’une seule dose de radiation, ciblant le site de la tumeur immédiatement après l’intervention chirurgicale, était aussi efficace que la série de traitements agressifs par radiation qu’on fait subir aux femmes pendant plusieurs semaines. À l’heure actuelle, certaines femmes vont jusqu’à choisir la mastectomie pour ne pas avoir à subir cette série de traitements radioactifs qui comporte des effets secondaires dans le long terme car les dommages aux tissus peuvent prendre jusqu’à dix ans avant de se manifester.

2,232 femmes ont fait partie de cette étude. Au bout de quatre ans, il y a eu six récidives chez les femmes ayant reçu une seule dose de radiation et cinq chez les femmes ayant subi toute la série de traitements, ce qui met l’efficacité de cette méthode moins agressive presque sur un pied d’égalité, statistiquement parlant, avec le traitement conventionnel qui peut être très dommageables par ses effets secondaires.

«Nous obtenons maintenant un excellent taux de survie à long terme pour le cancer du sein» a fait remarquer la principal chercheur de l’étude, le Dr Michael Baum de l’University College de Londres, lors d’une présentation à la réunion annuelle de la American Society of Clinical Oncology. «Il faut maintenant se pencher sur l’amélioration de la qualité de vie des femmes atteintes du cancer du sein et cette étude nous permettra de faire des grands pas dans cette direction.»

Commentaire de Micheline...
À noter qu’il s’agissait dans ces études de cancers à des stades peu avancés. Il est peu probable que la radiation à dose unique fonctionnerait pour des cancers ayant formé des métastases.

Pour ce qui est des «précancers» comme les micro-calcifications, on sait que de plus en plus de médecins et d’experts s’opposent à une approche agressive car des études ont pu déterminer que jusqu’à 22% de ces cancers s’autoguérissent (lire l'article ayant pour titre «Jusqu'à 22% des cancers du sein envahissants s'autoguérissent sans traitement». Qui plus est, une intervention invasive comme la biopsie peut «réveiller» un cancer latent qui n’aurait jamais progressé. Bien sûr, il faut du courage pour aller contre l’opinion de son médecin lorsqu’une mammo révèle des micro-calcifications ou un CCIS (carcinome canalaire in situ), mais c’est votre corps et il est à souhaiter que vous avez la chance d’avoir un médecin qui veut bien respecter la démarche de guérison que vous voudrez entreprendre face à un diagnostic de précancer. Dans un second article de ce numéro d'Actualité Santé, le Dr John Lee répond à la question d'une femme concernant la façon d'envisager un diagnostic soit de CCIS ou de micro-calcifications. 

www.santedesfemmes.com

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