Tout comme c'est le cas chez les femmes, l'approche médicale aux déficiences hormonales consiste principalement à prescrire une thérapie hormonale visant à combler les déficiences d'une hormone en particulier (typiquement la testostérone chez les hommes et l'œstrogène chez les femmes) sans se préoccuper de rétablir l'équilibre ou l'homéostasie du système hormonal. Ce type d'intervention peut aider dans certains cas, mais il arrive souvent que cette approche «à la pièce» soit impuissante à régler des problèmes résultant de carences hormonales évidentes, comme la dysfonction érectile ou le manque de libido chez les hommes, qui sont pourtant des symptômes typiques de carence en testostérone. Le Dr Sergey A. Dzugan, président du comité scientifique de la Life Extension Foundation, fait état dans un article publié dans la revue de cet organisme d'une étude de cas qui est un excellent exemple de la raison pour laquelle le traitement médical conventionnel pour la déficience en testostérone chez les hommes échoue si souvent.

Toutes les hormones sont interdépendantes, et pour qu'elles fonctionnent de façon optimale, il faut considérer un nombre de facteurs qui vont en influencer le rendement. Il y a «déficience fonctionnelle» lorsqu'une hormone est présente en quantité suffisante dans le sang ou qu'elle est prise en supplément mais les symptômes de carence de cette hormone perdurent. Tout comme c'est le cas chez les femmes, l'équilibre entre les hormones stéroïdes, dont la DHEA, la progestérone, la testostérone et l'œstrogène est indispensable au bon fonctionnement de tout le système endocrinien, qui comprend également les hormones secrétées par la thyroïde et le pancréas (l'insuline). Un problème qui amène des conséquences désastreuses pour la santé des hommes est le changement de ratio entre l'œstrogène et la testostérone au mitan de la vie. Ainsi les hommes se retrouvent avec une dominance oestrogénique qui a des conséquences similaires à celles qu'éprouvent les femmes à la ménopause. Ce surplus d'œstrogène va rendre les cellules plus «sourdes» au message de l'insuline et ainsi s'enclenche un cercle vicieux qui va conduire tout droit à des problèmes de santé qui vont affecter non seulement la qualité de vie mais l'espérance de vie des hommes, tout comme c'est le cas chez les femmes. Les tissus adipeux, surtout au niveau de l'abdomen vont commencer à s'accumuler, ce qui augmente l'action de l'enzyme aromatase, faisant ainsi augmenter encore plus le niveau d'œstrogène, qui va à son tour augmenter la production de SHBG (protéine de liaison de la testostérone) et ainsi réduire dramatiquement la quantité de testostérone libre ou biodisponible dans le sang. Et pour comble, il y aura en même temps une baisse de testostérone attribuable au ralentissement de la production surrénalienne de DHEA (déhydroépiandrostérone), une hormone qui est un précurseur indispensable dans la chaîne de production des androgènes par le corps.

Et ce n'est pas tout, même le cholestérol s'en mêle et commence à augmenter en réponse à cette carence en testostérone. Chez le patient faisant l'objet de cette étude de cas, le Dr Dzugan soupçonnait des déficiences hormonales à cause de son niveau élevé de cholestérol. D'ailleurs la thérapie de substitution de la testostérone avait échoué chez ce patient il y a plusieurs années, son niveau de testostérone étant demeuré faible en dépit de la dose de plus en plus forte de testostérone qu'on lui avait administrée. Donc selon le Dr Dzugan une nouvelle stratégie s'imposait. Contrairement aux protocoles habituels, il a opté pour une thérapie intégrative pour ré-équilibrer toutes les hormones stéroïdes, et non seulement remplacer la testostérone. Il fallait en particulier bloquer les enzymes 5-alpha réductase et aromatase, qui sont responsables de la conversion de la testostérone vers la dihydrotestostérone (DHT) et l'œstradiol, qui sont des facteurs de risque connus pour le cancer de la prostate. Finalement, il fallait augmenter le niveau de la testostérone libre en l'empêchant de se lier à la SHBG.

Plutôt que de continuer à donner un supplément de testostérone à son patient le Dr Dzugan a abordé le problème d'une autre façon en lui prescrivant un supplément de DHEA et des produits naturels pour renforcer ses surrénales fatiguées. Il fallait encourager la conversion de la DHEA vers les autres hormones mâles, dont l'androsténedione et l'androsténediol. Cette approche permettait au corps de produire sa propre testostérone plutôt que de se fier seulement à la thérapie de remplacement de cette hormone.

Concernant le niveau élevé de cholestérol de son patient, plutôt que de s'attaquer à ce problème comme la plupart des médecins le feraient en prescrivant des statines, le Dr Dzugan a décidé d'attendre les résultats de son approche intégrative car l'hypercholestérolémie est souvent un signe que le corps est en manque d'hormones et le foie reçoit alors le message de produire plus de cholestérol, qui en est la matière première. C'est un cycle de feedback voulu par la nature mais qui est trop souvent ignoré par la médecine qui essaie de faire baisser le cholestérol coûte que coûte au moyen de statines et autres médicaments sans chercher la cause du problème, qui chez les hommes et les femmes au mitan de la vie est souvent la déficience en hormones stéroïdes. Dans le cadre du traitement de ce patient, le Dr Dzugan considérait la réduction naturelle du niveau de cholestérol comme un indice important qui lui permettrait d'évaluer le succès du traitement pour rétablir l'équilibre hormonal.

La conversion de la testostérone vers la DHT et l'oestradiol ainsi que le niveau de SHBG et la baisse de DHEA sont donc tous des facteurs qui influent aussi sur le niveau de testostérone biodisponible. Une approche intégrative ou holistique combinera la phytothérapie et l'hormonothérapie pour réduire naturellement la 5-alpha réductase et l'aromatase et augmenter la production de testostérone en empruntant les voies naturelles de biosynthèse des hormones. 

Dans le cas de ce patient, voici ce que lui a prescrit le Dr Dzugan:

  • La baie de Sabal (Serenoa repens) un inhibiteur de la 5-alpha réductase dans la prostate.
  • La racine d'ortie, qui entrave la production de 5-alpha réductase en plus de la liaison avec la SHBG
  • Le Pygeum africanum qui entrave la prolifération cellulaire au niveau de la prostate
  • Le zinc, qui est un inhibiteur d'aromatase très efficace
  • La progestérone (12 mg par jour), qui entrave la production de 5-alpha réductase et d'aromatase et aide à rétablir l'équilibre hormonal et la réponse cellulaire à l'insuline. Cette dose sera éventuellement baissée à une dose d'entretien de 8 mg aux deux jours.
  • La DHEA à raison de 100 mg par jour jusqu'à ce qu'un test sanguin ou salivaire indique une augmentation de cette hormone. Par la suite, la dose sera réduite à 50 mg par jour.

Le Dr Dzugan explique: «Chez ce patient, les tests sanguins indiquaient que la progestérone était à la limite inférieure de la normale, c'est pourquoi nous avons décidé de faire monter le niveau de cette hormone pour assurer un contrôle efficace de l'aromatase et par conséquent de l'œstrogène. La progestérone est vitale pour le maintien d'une bonne santé optimale autant chez les hommes que chez les femmes. Chez les hommes, la progestérone est produite par les glandes surrénales et les testicules. Les hommes de plus de 40 ans devraient considérer la thérapie préventive de remplacement de la progestérone car cette hormone assure la suppression de l'aromatase, l'enzyme qui transforme les androgènes en œstrogène et qui plus est, assure le contrôle la 5-alpha réductase qui transforme la testostérone en DHT, un métabolite puissant qui est impliqué dans le cancer de la prostate. Grâce à ces propriétés très bénéfiques, la progestérone assure un niveau plus sain de testostérone endogène. Non seulement cette approche a-t-elle permis de régler la carence en testostérone et la dysfonction érectile de ce patient mais a également aidé à normaliser son niveau de cholestérol.»

Source: Life Extension Magazine, octobre 2005 - www.lef.org
Nota: Cet article est accompagné de 51 références à des études ou articles dans des journaux scientifiques. Pour consulter l'article original et la liste des références:
http://www.lef.org/magazine/mag2005/oct2005_ch_03.htm

Commentaire de Micheline: Une de nos personnes-ressources a eu une expérience similaire avec Marc D., un homme dans la quarantaine à qui le médecin avait prescrit de la testostérone en supplément car ses analyses de sang et ses symptômes indiquaient une carence de cette hormone. Après plusieurs mois à prendre ce supplément, dont le médecin a augmenté la dose à deux ou trois reprises, le niveau de testostérone ne bougeait toujours pas. Marc, dont la libido était à zéro depuis longtemps, était passablement découragé. Notre personne-ressource lui a alors suggéré d'essayer une crème à la progestérone bio-identique. Vu l'innocuité de ce produit, il n'avait rien à perdre. Le résultat a pris tout le monde par surprise, y compris le médecin: le niveau de testostérone de Marc a monté en flèche, et sa libido est revenue au galop, en plus de son énergie et de sa bonne humeur! De toute évidence, la progestérone avait «libéré» sa testostérone!!!

Ces tableaux des effets de l'œstrogène et de la testostérone chez les hommes sont tirés du livre «La thérapie hormonale plus efficace et sécuritaire, c'est possible», par le Dr George Gillson, M.D. Vous trouverez ces tableaux aux pages 131 et 134. Ce livre contient un excellent chapitre sur la santé hormonale des hommes qui explique particulièrement bien les interactions entre les différentes hormones du système endocrinien. Vous pouvez le faire venir à partir du site www.santedesfemmes.com, onglet «Boutiques», catégorie «Matériel éducatif».



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