Autant chez l’homme que chez la femme la testostérone peut être convertie en oestrogènes via l’enzyme aromatase. Dans le livre intitulé Équilibre hormonal pour les hommes1, le Dr. John Lee postule qu’en plus d’un taux élevé de dihydrotestostérone ou DHT (un métabolite puissant de la testostérone), la dominance en oestrogènes a quelque chose à voir avec l’hypertrophie et le cancer de la prostate. Il fait remarquer que les hommes commencent à avoir des problèmes de prostate lorsque leur niveau de testostérone baisse et que leur niveau d’oestrogène augmente, chose qui fait partie des changements hormonaux du mitan de la vie chez l’homme, ce que l’on appelle maintenant l’«andropause».

 

En 2010, un éditorial du Journal of Steroid Biochemistry and Molecular Biology2 discutant des données accumulées sur les problèmes de prostate reliés au oestrogènes, fait le constat suivant: «En général l’homéostasie de la prostate implique un équilibre délicat entre les androgènes et les oestrogènes. Les oestrogènes aussi bien que les androgènes sont importants pour maintenir une prostate en santé, mais par contre ils sont clairement impliqués dans les maladies de la prostate».

 

Il ne faut pas beaucoup d’oestrogène pour qu’un homme soit en situation de dominance oestrogénique (taux d’oestrogène trop haut comparativement aux taux de testostérone et de progestérone). Chez la femme mais aussi chez l’homme, les cellules adipeuses sont des usines à produire des oestrogènes, ce qui fait que l’obésité est un facteur de risque lié aux problèmes de la prostate. Il est reconnu qu’un homme bedonnant fabrique autant d’œstrogène qu’une femme avant la ménopause.

 

La bonne nouvelle c’est que les hommes n’ont pas besoin d’attendre les 10 ou 20 prochaines années que cela prendra avant que les recherches sur les oestrogènes et leur implication dans les maladies de la prostate finissent par retenir l’attention des médecins. Ils peuvent réduire leur taux d’oestrogène dès maintenant. Voici comment:

  1. Faire de la musculation (sans stéroïdes) de façon régulière: la formation de muscles stimule la production de testostérone et la testostérone s’oppose aux effets de l’oestrogène.3
  2. Faire diminuer la graisse abdominale: la testostérone se convertit directement en oestrogènes dans la graisse abdominale par l’action de l’enzyme aromatase. Ce n’est pas une coïncidence de voir des seins proéminents à cause d’un développement mammaire chez les hommes bedonnants. (À noter que la bière est oestrogénique à cause de la présence de houblon).
  3. Éviter les xénoestrogènes (substances chimiques à effets oestrogéniques) comme les pesticides et autres produits chimiques d’usage domestique, en particulier les insecticides vaporisés. Attention aux plastiques: p. ex. ne pas faire chauffer de la nourriture au micro-ondes dans des plats de plastique, ne pas laisser l’eau dans les bouteilles de plastique à la chaleur dans l’auto. Pour plus d’informations à ce sujet, voir l’article: Les xénoestrogènes, ces imposteurs.4
  4. Manger de la viande biologique. Les animaux d’élevage industriel sont traités avec des oestrogènes avant l’abattage ce qui les fait engraisser et retenir d’eau.
  5. Éviter les médicaments qui augmentent le taux d’oestrogènes ou diminuent le taux de testostérone comme les inhibiteurs des récepteurs H2 (Tagamet, Zantac), les benzodiazépines (Valium, Xanax), quelques médicaments pour le cœur (Lanoxin, Norvasc) et certains antibiotiques (Ketoconazole, Metronidazole).
  6. Autant chez les hommes que chez les femmes, en présence de signes de dominance oestrogénique (surtout s’il y a un développement mammaire ou gynécomastie) la prise d’un supplément comme «Triple action: extraits de crucifères et resvératrol» de Life Extension5, produit qui aide à métaboliser les oestrogènes, est fortement à conseiller.
  7. La progestérone joue également un rôle important pour contrebalancer les effets de l’excès d’œstrogène chez les hommes et maintenir l’équilibre hormonal. La progestérone sous forme de crème magistrale (préparée en pharmacie) peut être prescrite par un médecin. Ce produit est également disponible sur le marché aux É.-U.6

Finalement une chose importante à noter: l’oestrogène est potentiellement inflammatoire lorsque présent en excès, et l’inflammation est impliquée dans une multitude de problèmes de santé dont les maladies cardiovasculaires et le cancer. Il ne faut pas beaucoup d’oestrogène pour qu’un homme soit en situation de dominance oestrogénique (taux d’oestrogène trop haut comparativement aux taux de testostérone et de progestérone). Autant chez l’homme que chez la femme la progestérone peut jouer un rôle pour rétablir l'équilibre hormonal et contrôler l'impact de l'oestrogène sur les tissus. De plus, la progestérone est protectrice de la prostate car elle entrave l'action de l'enzyme 5-alpha réductase, qui stimule la conversion de la testostérone vers la dihydrotestostérone (DHT), qui est impliqué dans l'hypertrophie et le cancer de la prostate.

Références:

  1. Pour vous procurer ce livre du Dr Lee voir l'onglet «Boutiques» et «Matériel éducatif» (voir section pour les livres du Dr Lee).
  2. Stuart J. Ellem, Gail P. Risbridger, Aromatase and regulating the estrogen:androgen ratio in the prostate gland, Centre for Urological Research, Monash Institute of Medical Research, Monash University, 27-31 Wright Street, Clayton, Victoria 3168, Australia, Novembre 2009.
  3. John R. Lee, Testosterone, male menopause and hormone balance in men, Commentary on an article by Jerome Groopman, published in the New Yorker magazine.
  4. http://www.santedesfemmes.com/xenoestrogenes/les-xenoestrogenes-ces-imposteurs
  5. Ce produit est vendu sur le site www.boutiqueantiage.com.
  6. Voir l'onglet «Boutiques»

Source:
http://www.virginiahopkinshealthwatch.com/2011/06/5-ways-men-can-reduce-estrogen-levels/