Jusqu’à présent, je me suis surtout penchée sur la question de l’équilibre hormonal chez les femmes, mais c’est également un sujet chaud pour les hommes car eux aussi en vieillissant risquent de subir des «tempêtes hormonales» qui porteront atteinte à leur qualité de vie.

Ils ont l’avantage, bien sûr, de ne pas voir leurs niveaux d’hormones basculer en quelques mois, comme c’est le cas pour les femmes à la ménopause.


Cependant, même si les changements qui s’opèrent chez eux sont plus graduels, il n’en demeure pas moins que le déséquilibre hormonal, qui peut entraîner une gamme de problèmes allant de problèmes urinaires au cancer, devrait être pris au sérieux.

L’hypertrophie et le cancer de la prostate sont parmi les conséquences du déséquilibre hormonal chez les hommes, et les statistiques sont de nature à faire peur. Par exemple, en Amérique du Nord, rendus à l’âge de 50 ans, 40% des hommes sont affectés par l’hypertrophie (augmentation du volume) de la prostate. À l’âge de 60 ans, c’est 70% des hommes (donc la majorité) qui en sont atteints! Le fait est que plus d’hommes meurent du cancer de la prostate que de femmes meurent du cancer du sein.

Les premiers symptômes des troubles de la prostate sont la fréquence urinaire, un débit urinaire réduit et parfois l’incapacité de vider complètement la vessie. Pour dépister le cancer de la prostate, le test standard est de mesurer le taux plasmatique de PSA (antigène prostatique spécifique). Un PSA élevé est un indice de la présence d’hyperplasie (multiplication cellulaire anormale) ou de cancer.

Les causes
Le Dr John R. Lee, M.D., un expert bien connu sur la question des hormones, résume ainsi les causes des troubles de la prostate: 

  • Les niveaux de progestérone baissent graduellement (la progestérone est une hormone produite par les testicules et les glandes surrénales).
  • Les niveaux d'oestradiol augmentent (produit par les testicules, il s'agit d'un oestrogène très stimulant pour la multiplication cellulaire).
  • La testostérone est transformée en dihydrotestostérone (DHT), un métabolite plus actif de la testostérone.

Le troisième facteur est généralement reconnu par le monde médical, mais les deux premiers le sont moins. Pourtant, on constate que bien des hommes dans la cinquantaine ont des niveaux d’oestrogène plus élevés que la moyenne des femmes du même âge et manifestent des symptômes de «dominance en oestrogène» comme le développement des seins. 

Toute leur vie durant, les hommes et les femmes produisent les mêmes hormones stéroïdes, mais ce qui fait «la différence» est le rapport entre ces hormones. Ainsi, les hommes produisent 200 à 300 fois plus de testostérone que d’oestrogène. Chez les femmes, c’est l’opposé.

En vieillissant, ces proportions peuvent changer et entraîner toutes sortes de problèmes. Commençons par les femmes. Lorsqu’elles arrivent à la ménopause, leur production ovarienne d’oestradiol diminue à presque zéro dans l’espace de quelques années. C’est pourquoi les menstruations disparaissent. Cependant, la nature a prévu qu’une hormone mâle produite par les ovaires, l’androsténédione, puisse se changer en oestrogène dans la graisse corporelle. Cette production d’oestrogène devrait suffire à leurs besoins à ce stade de leur vie. Par contre, chez celles qui n’ont pas d’ovaires ou très peu de graisse corporelle, une carence en oestrogène peut se produire et les hormones mâles risquent davantage de devenir dominantes.

Chez les hommes, la production de testostérone par les testicules ne connaît pas de chute soudaine, mais la transformation de la testostérone en oestrogène et en DHT semble s’accélérer, de sorte que le rapport testostérone/ oestrogène bascule en faveur de l’oestrogène. De plus, les hommes peuvent eux aussi produire de l’oestrogène dans leur graisse corporelle – ce qui peut exacerber le problème. Pour bien des hommes, cette dominance de l’oestrogène pourrait être la principale cause des problèmes de prostate.

L’approche médicale
Le traitement médical pour les troubles de la prostate consiste surtout à prescrire des médicaments qui empêchent la conversion de la testostérone en DHT (p. ex. Proscar) ou qui entravent la production des hormones stéroïdes, dont l’oestrogène et la testostérone (p. ex. Lupron). Ces médicaments peuvent avoir des effets secondaires qui affecteront votre qualité de vie, donc n’oubliez pas d’obtenir la liste de ces effets auprès de votre pharmacien si on vous les prescrit.

Les approches naturelles
Les pistes de prévention et de traitement des affections bénignes de la prostate recommandées par le Dr Lee comprennent l’usage de certaines plantes, de nutriments et d’une «hormonothérapie douce » à base de progestérone et de testostérone bio-identiques afin de rétablir l’équilibre hormonal.

Le chou palmiste nain (Saw Palmetto) est le champion de la santé de la prostate. Cette plante inhibe la synthèse de l’enzyme qui convertit la testostérone en DHT, empêchant ce métabolite d’occuper les récepteurs d’androgènes dans la prostate, réduit l’oedème et peut même inhiber l’action de l’oestrogène. Une autre plante utile est la grande ortie, à qui on attribue un rôle pour entraver la production de l’enzyme qui transforme la testostérone en oestrogène. Sur le plan de la nutrition, le Dr Lee suggère les antioxydants, entres autres la vitamine E, le lycopène et la vitamine C, ainsi que les polyphénols tels que le thé vert et l’extrait de pépin de raisin. Le zinc joue également un rôle dans le maintien de la santé de la prostate.

L’hormonothérapie «douce»
La progestérone joue plusieurs rôles dans la prévention et le traitement des problèmes de prostate, notamment elle empêche la transformation de la testostérone en DHT, aidant ainsi à maintenir des niveaux normaux de testostérone, et sert à neutraliser les effets stimulants de l’oestrogène sur les cellules. Ceci ferait de la progestérone une alliée importante dans la lutte contre le cancer de la prostate.

Pour ce qui est de la testostérone, contrairement à l’opinion qui a cours présentement au sein de la médecine conventionnelle, non seulement cette hormone ne constituerait pas un facteur de risque dans le cancer de la prostate, mais pourrait aider à le prévenir. Ces conclusions de recherches récentes sont d’ailleurs étayées par un fait qui saute aux yeux: les hommes plus jeunes ont en général des niveaux élevés de testostérone sans que cela entraîne chez eux une plus grande incidence de problèmes de prostate. Par contre, les niveaux de testostérone chez les hommes dans la cinquantaine sont en général moins élevés.

Donc, au lieu de donner des médicaments qui entravent la production du peu de testostérone qu’il leur reste, les médecins devraient, selon certains chercheurs, faire exactement le contraire – donner un supplément de testostérone pour rétablir l’équilibre hormonal masculin. La recherche montre d’ailleurs que la testostérone, tout comme la progestérone, aiderait à stimuler un gène qui protège contre le cancer de la prostate.

Il est important de noter que la progestérone et la testostérone que le Dr Lee conseille d’utiliser sont sous forme «bio-identique», c’est-à-dire qu’il s’agit d’hormones dont la structure moléculaire est identique aux hormones que notre corps produit. Les résultats obtenus avec les hormones non bio-identiques dont les compagnies pharmaceutiques font la promotion auprès des médecins ne donneront tout simplement pas les mêmes résultats. Voir à ce propos ma chronique précédente (voir références ci-dessous). Le Dr Lee préconise aussi de prendre ces hormones par voie transdermique, sous forme de crème qu’on applique sur la peau.




Référence et lectures recommandée:

- The John R. Lee, M.D. Medical Letter, février 2002
- Lire le «Guide d'utilisation de la crème à la progestérone pour les hommes»


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