par Michael E. Platt, M.D.

Suzanne Somers a suscité à elle seule un grand intérêt pour la thérapie hormonale bio-identique – ce qui est excellent. Elle a sensibilisé les femmes et les hommes à être proactifs en termes de santé – autrement dit, elle les a encouragés à prendre la responsabilité de leur santé – ce qui est excellent également. Cependant, les recommandations spécifiques pour la thérapie hormonale substitutive (THS) qu’elle défend avec conviction, sont non seulement peu judicieuses, mais selon moi, sont carrément dangereuses. Elle est une ardente promotrice de l’oestrogène – ce qui est un peu ironique puisque c’est l’hormone qui est en partie responsable de son cancer du sein, et de la bataille qu’elle a mené toute sa vie contre un surplus de poids (l’oestrogène est lipogénique, c’est-à-dire qu’en excès, il produit une accumulation de gras autour des hanches, des cuisses, des fesses, des seins etc.). De plus, elle a dû recourir récemment à une procédure gynécologique afin de régler un problème de saignements incontrôlables, problème qui est en général causé par une dominance oestrogénique.

Lorsque l’on conseille à des femmes de prendre de grandes doses d’une hormone qui est potentiellement toxique, il est important de leur dresser le portrait en entier. L’excès d’oestrogène est reconnu comme cause principale de six différents cancers. De plus, il crée une prédisposition aux AVC, aux infarctus et aux embolies pulmonaires et il est contre-indiqué chez les personnes qui souffrent de maladies coronariennes. Cette hormone est aussi en cause dans le syndrome prémenstruel, la sensibilité des seins, les crampes menstruelles, les problèmes de vésicule biliaire, l’asthme, le lupus, l’arthrite rhumatoïde et les nausées pendant la grossesse. La nature est beaucoup plus intelligente que nous : elle permet aux niveaux d’oestrogènes de diminuer à une certaine période la vie d’une femme, au moment où la procréation n’est plus nécessaire. Je crois que la nature dans sa sagesse reconnaît que l’oestrogène est une hormone qui comporte certains risques, ce qui est une autre bonne raison pour que les niveaux diminuent à un certain âge.

Les femmes et leurs médecins devraient savoir que la production d’oestrogène ne cesse jamais totalement, donc très souvent il n’est pas nécessaire de recourir à un supplément, excepté dans des cas particuliers (par exemple, en cas de sécheresse vaginale ou de masse graisseuse très faible, car après la ménopause l’œstrogène est produit principalement dans les tissus adipeux.). Du point de vue de la thérapie hormonale substitutive (THS), la progestérone est vraiment la seule hormone qui devrait être remplacée. Avant la ménopause, cette hormone prévient ou élimine les effets négatifs de l’œstrogène. Mme Sommers a utilisé des contraceptifs oraux pendant 21 ans, ce qui veut dire qu’elle a été sans progestérone pendant 21 ans. Les progestines présentes dans les contraceptifs oraux ne sont pas de la progestérone – ce sont des substances synthétiques qui sont aussi dangereuses que les oestrogènes synthétiques. Après avoir cessé les contraceptifs oraux, ma conclusion est que Mme Somers devait avoir un très haut niveau d’oestradiol dans le sang – l’oestradiol étant l’œstrogène le plus puissant – et ce n’est donc pas étonnant qu’elle ait eu un cancer du sein. Je ne comprends pas pourquoi Mme Somers croit nécessaire de s’entourer de médecins qui sont des champions de l’œstrogène.

Le but de cet article n’est pas de critiquer Mme Somers – je lui suis d’ailleurs très reconnaissant car ses activités ont fait sortir du placard les thérapies hormonales substitutives à base d’hormones bio-identiques. Je voudrais simplement lui recommander de se renseigner auprès de médecins qui ont un point de vue différent du sien.

Laissez-moi maintenant vous parler des principaux critiques de Suzanne Somers. Ils clament que les hormones bio-identiques ne sont pas approuvées par la FDA. C’EST FAUX. Toutes les crèmes hormonales fabriquées sous ordonnance en pharmacie sont approuvées par la FDA (autorité de la santé aux É.-U.). Il y a 70 ans, Upjohn Pharmaceutical produisait des hormones bio-identiques approuvées par la FDA -- et la plupart des médecins ne savent même pas cela).

Les critiques disent qu’il est préférable d’utiliser des médicaments comme Premarin, qui sont connus et plus «sécuritaires». En réalité, tous les oestrogènes synthétiques ou naturels (excepté l’oestriol bio-identique), sont non-sécuritaires. Il a été estimé que pendant les dix premières années où le Premarin (œstrogène provenant de l’urine de jument gravide) était sur le marché, entre 200 000 et 2 millions de femmes ont eu le cancer de l’utérus car on ne prescrivait pas de progestérone pour contrebalancer les effets de l’oestrogène. La thérapie hormonale bio-identique, bien qu’existant depuis plus de 60 ans, n’en est encore qu’à ses débuts. En ce moment, Mme Somers reçoit le même genre de critiques ridicules que recevaient Semmelweiss et Lister il y a cent ans, lorsqu’ils ont suggéré que les médecins devraient se laver les mains avant d’effectuer un accouchement ou une chirurgie. Je la salue pour son courage. Je voudrais toutefois lui recommander de parfaire ses connaissances au sujet des hormones et mieux se renseigner sur le rôle indispensable de la progestérone. Les hormones contrôlent chaque système du corps et sont un déterminant majeur de la santé féminine. Une personne ne devrait pas attendre à la ménopause ou à l’andropause avant de commencer à s’intéresser à ce qu’il faut faire pour maintenir l’équilibre hormonal au mitan de la vie.

Source:
http://www.drplatt.com/natural_hormones/articles-safety-controversy.htm
©2006. Michael E. Platt. M. D. Tous droits réservés. Reproduit avec la permission de l’auteur.

Le Dr Platt est l’auteur de deux best sellers: The Miracle of Bio-Identical Hormones et The Platt Protocol for Hormone Balancing.

Commentaires   

+1 #1 mr azimani mustapha 09-03-2013 19:06
le texte ci dessus serait plus explicie s il etait suivi de faits reels du benefice de la progesterone bio identique constate sur des femmes qu elles ont utilise ces cremes .
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