L’été 2002 a marqué une étape cruciale dans l’histoire de l’hormonothérapie conventionnelle. La fameuse étude «Women’s Health Initiative» (WHI), laquelle, rappelons-le, a été la première étude vraiment scientifique et indépendante menée sur l’hormonothérapie, a mis une chose très clairement en évidence: c’est que pendant plus de quarante ans des millions de femmes ont fait confiance à leurs médecins, et les médecins à leur tour ont fait confiance à la pub des compagnies pharmaceutiques, pour finalement se rendre compte que les supposés bienfaits des hormones de remplacement au niveau de la prévention n’avaient jamais été prouvés et que les risques étaient injustifiables!

Il est certain que l’industrie pharmaceutique a fait son possible pour dénigrer l’étude WHI, ce qui a influencé certains médecins à continuer de prescrire l’hormonothérapie comme si de rien n’était. Par contre, la plupart des médecins respectent les nouvelles directives de la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada et ne prescrivent l’hormonothérapie qu’à court terme (5 ans ou moins) et seulement pour aider les femmes à contrôler les symptômes les plus incommodants de la ménopause.

À noter en passant que l’analyse des données de l’étude WHI, qui se poursuit toujours, continue de mettre en évidence les risques associés à l’hormonothérapie conventionnelle. Par exemple, le prestigieux Journal of the American Medical Association (JAMA) publiait récemment les résultats d’une analyse qui a révélé que les femmes âgées de 65 ans et plus qui prennent des oestrogènes tels que le Premarin courent 38% plus de risque de souffrir de démences ou de la maladie d’Alzheimer.

Où en sommes-nous?
Il est évident que l’incertitude et même la confusion règnent dans le monde médical sur la question de l’hormonothérapie. Étant donné que le Premarin a été l’oestrogène utilisé dans les études, il y a des médecins qui croient bien faire en prescrivant plutôt des oestrogènes comme l’Estrace, les timbres ou l’Estrogel, surtout que la machine publicitaire de l’industrie pharmaceutique cherche à mousser les ventes qui commencent à baisser en insistant sur le fait que ces produits sont d’origine végétale. Qui plus est, ils sont bio-identiques (le Premarin ne l’est pas puisqu’il est extrait de l’urine de juments gravides). Cependant, en laboratoire les plantes qui servent de matière première à la fabrication de ces produits, comme le soja et l’igname sauvage du Mexique, sont transformées en oestradiol, qui est l’oestrogène le plus stimulant pour la multiplication cellulaire. D’ailleurs, les effets secondaires qui sont rapportés dans le Compendium des produits pharmaceutiques (CPS) pour ces oestrogènes d’origine végétale sont exactement les mêmes que pour le Premarin! Les femmes ne sont pas plus avancées, et un bon nombre trouvent que les effets secondaires de ces nouveaux produits sont pires que ceux du Premarin!

Pour ce qui est du Provera, l’autre hormone synthétique utilisée dans l’étude WHI, la conclusion est claire et confirme ce que disait le Dr John Lee depuis des années: les progestines comme le Provera, qui ne sont pas de la progestérone exacerbent plusieurs des effets secondaires des oestrogènes au lieu de nous en protéger, comme le ferait la progestérone! Le Provera est prescrit aux femmes sous hormonothérapie qui ont leur utérus pour éviter une stimulation excessive de l’endomètre par l’oestrogène. Cependant, comparé aux femmes qui ont pris le Premarin seulement, celles qui prenaient également le Provera ont eu une plus grande incidence de cancer du sein, de thromboses et autres manifestations de coagulation anormale du sang.

Le Dr John Lee a rendu un grand service aux femmes en les mettant en garde contre l’usage des progestines. C’est déjà un pas dans la bonne direction que beaucoup de médecins prescrivent maintenant le Prometrium, qui a au moins l’avantage d’être de la progestérone bio-identique. Malheureusement, le Prometrium est sous forme orale (en gélules) et bien des femmes ne peuvent le tolérer car il peut surcharger le foie.

Où allons-nous?
De plus en plus de femmes, qui veulent traverser la ménopause «au naturel», font des efforts pour mieux s’alimenter, changer leur style de vie, faire plus d’exercice, utiliser des phytoestrogènes, etc. Elles ont aussi recours à des médecines douces comme l’homéopathie et l’acupuncture qui peuvent être très efficaces pour le soulagement des symptômes de la ménopause.

Mais il y a des femmes qui, malgré tous leurs efforts, n’arrivent pas à obtenir le soulagement recherché. De plus, celles qui font de l’ostéoporose peuvent bénéficier d’une hormonothérapie bien équilibrée car les hormones jouent un rôle important dans le maintien de la masse osseuse.

Mais est-ce rêver en couleur que d’espérer trouver une supplémentation hormonale qui soit à la fois efficace et sécuritaire? Le Dr Lee était convaincu que c’était possible, mais à trois conditions: 1) que cette thérapie soit basée sur des hormones bio-identiques administrées par voie transdermique, 2) que le dosage soit ajusté aux besoins individuels en se basant sur les symptômes et si nécessaire sur une analyse salivaire des hormones, et 3) que l’on maintienne l’équilibre hormonal, surtout entre les oestrogènes et la progestérone – ce qui veut dire que toute femme qui prend un supplément d’oestrogène, qu’elle ait son utérus ou non, devrait aussi utiliser un supplément de progestérone.

L’avenir est aux hormones transdermiques
Il y a plus de vingt ans que la crème à la progestérone bio-identique est disponible en vente libre aux États-Unis. Ce produit gagne de plus en popularité et ce n’est pas une exagération de dire que des centaines de milliers de femmes l’utilisent et en retirent des bienfaits. Il est évident qu’aucun problème sérieux ne s’est posé avec ces crèmes hormonales, car la FDA (l’agence de contrôle des drogues des É.-U.) serait intervenue. Il y a donc un solide historique d’usage de ces produits qui suggère qu’ils sont sécuritaires et efficaces et des études confirment déjà le rôle de la progestérone bio-identique dans la prévention du cancer. Certaines formulations contiennent d’autres hormones comme la DHEA et la pregnenolone, ainsi que des phytoestrogènes.

Il faut noter qu’au Canada, ces crèmes hormonales doivent être prescrites car on n’en trouve aucune en vente libre. Étant donné que les médecins sont peu ou mal renseignés sur ces produits qui ne figurent pas dans le CPS (ils doivent être préparés en pharmacie sur ordonnance) cela limite grandement notre accès à ce genre d’hormonothérapie. Le défi est de convaincre le monde médical des mérites de cette approche. Ce n’est pas pour demain car il faudrait que l’industrie pharmaceutique s’y intéresse, mais il manque l’incitatif financier étant donné que ce genre de produit à base d’hormones bio-identiques est difficilement brevetable. Entre temps, continuons à en parler à nos médecins, ça finira par faire bouger les choses. Ce que femme veut...



Références et lectures recommandées:
- Journal of the American Medical Association, numéro du 16 juin 2004
- Dr John R. Lee, M.D., «What Your Doctor May Not Tell You About Menopause», Warner Books

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