À juste titre, on peut dire que le foie est un véritable laboratoire de transformation des hormones et de son bon fonctionnement dépend non seulement notre santé hormonale mais notre longévité. Toutes les hormones que nous produisons passent éventuellement par le foie pour être éliminées. Dans le cas des hormones stéroïdes anabolisantes comme les oestrogènes et la testostérone, la capacité du foie de les transformer en oestriol, un œstrogène faible, en vue de leur élimination est clé pour éviter les cancers hormonodépendants. Ces transformations se font à l’aide de cofacteurs enzymatiques, en particulier la vitamine B6, l’acide folique et le magnésium. Il est donc très important de s’assurer d’un bon apport de ces nutriments. Une étude a démontré qu’une carence en vitamine B6 et en acide folique peut contribuer à une hyperplasie du col utérin.

Depuis la publication des résultats de l’étude WHI (Women’s Health Initiative) aux É.-U., le monde médical est forcé de reconnaître les risques que comportent, pour la santé des femmes, les suppléments oraux d’œstrogène car ceux-ci surchargent inévitablement le foie. Il y a longtemps que le Dr John Lee insistait sur l’administration transdermique des hormones pour éviter les effets secondaires qu’entraîne l’effet de premier passage au foie.

L’étude WHI avait pour but de confirmer les bienfaits de ces hormones pour la prévention des maladies cardiovasculaires et de l’ostéoporose. L’enjeu était particulièrement important concernant la prévention des maladies cardiovasculaires, qui sont la première cause mortalité dans les pays occidentaux. En mai 2002, le volet Prempro (Premarin-Provera) de l’étude a dû être stoppé prématurément car la fréquence des événements négatifs avait dépassé le seuil acceptable. Ce que l’étude a mis en évidence est que les oestrogènes administrés par voie orale peuvent:
  • faire augmenter les risques inflammatoires et thromboemboliques (caillots)
  • faire augmenter les taux de triglycérides
  • ont tendance à faire augmenter le taux de protéine C réactive.
On sait que l’inflammation augmente les risques associés aux maladies cardiovasculaires et constitue un facteur déclencheur de crises cardiaques et d’infarctus. De plus, comme le fait remarquer la Dre Demers, «un taux élevé de protéine C réactive serait le plus important facteur de prédiction du risque de mortalité cardiovasculaire chez les femmes apparemment en santé. C’est aussi un facteur de risque d’AVC (accident vasculaire cérébral) et de cancer du sein».

Le Dr John Lee avait bien raison de répéter dans ses ouvrages et ses conférences que si la nature, dans sa sagesse, ne fait pas passer les hormones par l’estomac, pourquoi le faisons-nous?La nature fait en sorte que les hormones sécrétées par les glandes (ou la graisse corporelle) vont d’abord porter leur message aux cellules via la circulation sanguine, puis une fois leur message livré, elles retournent dans la circulation pour se rendre au foie pour être éliminées. À ce stade, elles sont accompagnées d’une protéine qui facilite la tâche du foie. Par contre, les hormones prises par voie orale vont de l’estomac directement au foie où les effets secondaires de ce «le premier passage» se feront sentir. La dose d’hormones exogènes orales étant calculée pour déjouer le foie, une partie se retrouvera dans les intestins pour être absorbée dans la circulation entérohépatique afin de se rendre aux cellules, puis reviendra au foie pour être éliminée.

Les effets secondaires dangereux des oestrogènes pris par voie orale sont plus faciles à surmonter quand on est jeune, mais avec l’âge les risques deviennent plus grands car la fonction hépatique n’est plus ce qu’elle était. Bien des médecins ont critiqué l’étude WHI à cause du fait qu’un bon nombre de participantes avaient plus de 70 ans. Comme il fallait s’y attendre, chez ces femmes les effets secondaires néfastes ont été plus dévastateurs. Mais le fait est que ceci reflétait ce qui se passait en réalité : jusqu’alors les médecins, au nom de la prévention, prescrivaient des hormones aux femmes âgées même si elles étaient en bonne santé et n’avaient aucun symptôme incommodant. Leur participation à l’étude WHI aura servi entre autres à mettre cette erreur médicale en évidence.  Et même si on avait administré de l’œstrogène bio-identique oral, c’est-à-dire l’oestradiol-17B (p. ex. Estrace®) aux participantes de l’étude WHI, les résultats auraient été les mêmes sur le plan cardiovasculaire. L’oestradiol pris par voie orale est transformé, lors du premier passage au foie, en sulfate d’oestrone, un œstrogène qui peut augmenter le risque de cancer du sein.

En conclusion, toute femme soucieuse de sa santé hormonale devrait:
  1. se nettoyer le foie régulièrement à l’aide de plantes dépuratives, et l’aider à se régénérer à l’aide de Chardon-Marie;
  2. utiliser avec modération les suppléments de phytoestrogènes qui peuvent congestionner le foie, en particulier le soja sous forme non fermentée;
  3. éviter de prendre des hormones par voie orale, en particulier les oestrogènes, qu’ils soient bio-identiques ou non. Ceci s’applique également à la pilule contraceptive. Pour la progestérone, la prise orale ne présente pas de danger, mais peut surcharger le foie chez certaines femmes. Des études ont démontré que la progestérone sous forme transdermique est bien assimilée dans l’organisme et épargne le foie.



Références et lectures recommandées :
-

«La sagesse de la ménopause»,  Dre Christiane Northrup

- «Tout savoir sur la préménopause»,  Dr John R. Lee, M.D. (Éditions Sully)

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