La publication récente d’une étude suédoise suggérant que la prise de suppléments de multivitamines pouvait augmenter de 19% le risque de cancer du sein a créé tout un émoi dans l’industrie des suppléments alimentaires et, bien entendu, chez les millions de consommatrices qui considèrent la prise quotidienne d’une multivitamine comme une «assurance» pour prévenir la maladie et maintenir une bonne santé optimale.

Toutefois, malgré le fait que l’étude en question ait duré plus de 9 ans et que 35,000 femmes âgées de 49 à 83 ans y aient participé, les experts ne considèrent pas cela matière à paniquer, du moins pas pour l’instant. C’est que cette étude n’a pas pu établir un lien démontrable de cause à effet entre la prise de vitamines et le cancer du sein. La revue scientifique American Journal of Clinical Nutrition n’a émis aucun avertissement contre la prise de multivitamines, mais a simplement indiqué que ce lien apparent «méritait qu’on poursuive les recherches» dans ce domaine. Donc, le suspense se poursuivra tant que d'autres études ne viendront pas corroborer les résultats de cette étude suédoise.1

Il est important de noter cependant que les suppléments impliqués comme facteur de risque de cancer sont les multivitamines, mais que par contre certaines vitamines prises individuellement ont définitivement démontré une action préventive contre le cancer.  Ainsi, une communication présentée le 18 avril 2010 à l’assemblée annuelle de la American Association for Cancer Research a fait état de recherches démontrant les effets protecteurs de la vitamine A et de la vitamine D3. On a constaté que ces vitamines peuvent freiner la division cellulaire erratique et induire les cellules à se différencier en cellules matures et saines plutôt que de poursuivre leur course vers la formation d'une tumeur maligne. On a même constaté que la vitamine D3 en combinaison avec un supplément de mélatonine pouvait travailler en synergie avec le Tamoxifen (que l’on donne aux femmes ayant eu un cancer du sein)  pour entraver la prolifération des cellules mammaires cancéreuses.

Il y a également la vitamine E sous forme de succinate qui a démontré sa capacité d’entraver la croissance des cellules mammaires cancéreuses in vivo (études sur les humains) et in vitro (étude en laboratoire).  De plus, des recherches sur le rôle du calcium ont pu établir un lien entre une supplémentation judicieuse de ce minéral et la capacité de l’ADN de s’autoréparer.  

Se fier à la sagesse de la nature

Par contre, il serait peut-être sage de considérer cette étude suédoise comme une sorte de mise en garde et de réévaluer le pour et le contre de la prise de multivitamines, qui sont pour la majorité presque 100% synthétiques et dont les ratios entre les différentes vitamines (surtout pour l'équilibre des vitamines B) n'est parfois pas idéal et peut créer effets indésirables à la longue. Dans un dossier à ce sujet publié sur Passeportsante.net2, le Dr David Servan-Schreiber va vraiment au cœur de tout le dilemme que peuvent causer les suppléments quand il répond à la question «En quoi les suppléments alimentaires peuvent-ils augmenter les risques de cancer?» Sa réponse exprime la logique même qui devrait guider nos décisions en matière de supplémentation: «Une molécule, dans la nature et dans son contexte (fruit ou légume) peut être très bénéfique. Mais en la retirant de son contexte pour en faire quelque chose de plus concentré, les effets peuvent être très différents, voire néfastes pour l’organisme. C’est le cas du bêta-carotène qui augmente le risque de cancer du poumon chez les fumeurs ou des suppléments à base de soya (isoflavones) qui augmentent le risque de cancer du sein chez les femmes.» Ne manquez pas de lire le reste de cette entrevue avec le Dr Servan-Schreiber dans ce dossier, qui s’intitule «Attention aux suppléments alimentaires: pourquoi?». Cliquez sur le lien ci-dessous:

http://www.passeportsante.net/fr/Actualites/Dossiers/ArticleComplementaire.aspx?doc=cancer_supplements_alimentaires_do

Il y a déjà quelques années j’ai publié dans l’Émeraude Plus une chronique justement à ce sujet. Ce qu’il faut bien se dire est qu’au fur et à mesure que nous vieillissons, notre corps perd sa capacité d’assimiler les suppléments synthétiques, et dans bien des cas ces gros comprimés passent carrément tout droit et sortent entiers à l'autre bout – on peut même encore voir de quelle couleur ils étaient! De plus, des autopsies révèlent souvent un encrassement des intestins causé par les suppléments, et il n'est pas rare qu'il s'agisse de suppléments parmi les plus chers sur le marché. Ce qui démontre que ce n’est pas une question de payer plus cher pour quelque chose qui est essentiellement synthétique même si on a ajouté 5% de luzerne ou autre substance végétale pour pouvoir réclamer sur l’étiquette qu’il s’agit d’un supplément naturel! Comme je dis dans mon article en référence ci-dessous3 c’est une impossibilité, pure et simple, que de mettre des quantités précises et concentrées de nutriments dans une pilule sans qu’il s’agisse de quelque chose de synthétique, souvent fabriqué à partir de dérivés du pétrole.

Ces recherches confirment d'une part que l’alimentation vivante et biologique est vraiment la réponse à notre démarche de prévention des maladies et des cancers, et que s’il faut suppléer à des lacunes nutritionnelles, il vaut mieux se tourner vers ce qui ressemble le plus à ce qu'il y a dans votre assiette, c'est-à-dire les aliments complets concentrés. La grande différence entre une multivitamine et, par exemple, un jus d’herbe d’orge, est que dans le jus d’herbe d’orge les vitamines et minéraux sont dans leur contexte naturel, et par conséquent tout est en équilibre comme dans la nature. Ainsi, une cuillerée à table d’un jus d’herbe d’orge de bonne qualité4 peut donner l’apport nutritif suivant: le manganèse qu’on trouverait dans 6 betteraves, le zinc dans 1 tasse de riz brun, le phosphore dans 6 pommes, le cuivre dans une poitrine de poulet, le fer dans 1 tasse d’artichauts, le magnésium dans 5 branches de céleri, le bêta-carotène dans 4 grosses carottes, le potassium dans 3 bananes, la protéine dans un oeuf, le calcium dans 125 ml de lait, la niacine (vitamine B3) dans 4 oz de homard, l’acide pantothénique (vitamine B5) dans 4 tasses de chou râpé, l’acide folique dans 9 tasses de pasta au blé entier, la vitamine E dans 15 tasses de laitue coupée¬, la vitamine C dans 1 orange, la riboflavine (B2) dans 16 pointes d’asperge, la thiamine (B1) dans 2 tranches de pain de blé entier, la pyridoxine (B6) dans 1 boîte de saumon en conserve, et la vitamine H dans 3 grosses tomates.

Et tout ceci sans aucun risque pour votre santé. Au contraire, l’expérience de plus de quatre décennies démontre qu'un tel aliment concentré peut aider des gens aux prises avec des maladies graves comme le cancer. Pour en savoir plus à ce sujet, je vous invite à télécharger le document ci-dessous, qui parle également d’autres aliments complets concentrés, qui sont à mon avis la supplémentation de l’avenir.5

Bonne lecture et bonne santé au naturel.

 

1. http://www.nutraingredients.com/Research/Experts-allay-fears-over-multivitamins-and-breast-cancer
-risk/?c=t3zXJSCqg30J7ScSgPRV0A%3D%3D&utm_source=Newsletter_Subject&utm_medium
=email&utm_campaign=Newsletter%2BSubject, ou cliquez ici
2. http://www.passeportsante.net/fr/Actualites/Dossiers/ArticleComplementaire.aspx?doc=cancer_supplements
_alimentaires_do, ou cliquez ici
3. Voir l'article «Les jus santé: la vraie nutrition cellulaire pour le mitan de la vie» 
4. http://www.aimpourlasante.com/
5. http://www.aimpourlasante.com/pdf/LesJusSante.pdf
 

 

www.santedesfemmes.com

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