Pendant des décennies, on a pensé que les hommes étaient plus à risque de maladies cardiovasculaires que les femmes. Mais ceci est faux, et les statistiques sont là pour le prouver:

le risque de mourir d’une maladie cardiovasculaire (MCV) pour une canadienne est de 46% (par comparaison, le risque de mourir d’un cancer du sein est seulement de 3% (soit 15 fois moins);
il y a environ deux fois plus de femmes qui décèdent d’une maladie cardiovasculaire que d’un cancer (tous types confondus);
les maladies cardiovasculaires et les coronaropathies sont la première cause de mortalité autant chez les femmes que chez les hommes;
Avant la ménopause les femmes ont un risque six fois moins élevé de souffrir d’une MCV que les hommes. Rendues à 75 ans, elles ont le même risque de faire une crise cardiaque ou un infarctus.
Une étude qui a fait parler d'elle a démontré que la probabilité de souffrir d’athérosclérose des coronaires est inversement proportionnelle au taux sanguin d’oestradiol chez les femmes préménopausées. En d’autres mots, plus le taux d’oestradiol baisse avec l’arrivée de la ménopause, plus le risque d’accumulation de plaque dans les artères augmente. L’oestradiol 17β est le principal œstrogène produit par les ovaires avant la ménopause. À la préménopause, les ovaires commencent à péricliter et produisent de moins en moins d’oestradiol et de progestérone. C’est alors que les risques de MCV commencent à augmenter chez les femmes pour éventuellement se comparer à ceux des hommes.

La Dre Marcelle Pick, M.D., directrice de la clinique Women to Women aux É.-U., affirme catégoriquement que l’expérience clinique démontre que l’œstrogène fabriqué par les ovaires avant la ménopause joue un rôle protecteur pour la santé des femmes, et que l’hystérectomie totale (ablation de l’utérus et des ovaires) fait augmenter les risques de maladies du cœur et d’autres troubles de la santé qui n’apparaîtraient normalement qu’avec l’âge. En d’autres mots, l’hystérectomie totale peut ajouter des années, voire des décennies à l’âge biologique d’une femme.2

Alors que l’étude WHI (Women’s Health Initiative) a mis en doute le rôle protecteur des traitements hormonaux de substitution (THS) pour la santé cardiovasculaire, nombreux sont les experts qui s’accordent pour dire que la raison de cet échec de l’hormonothérapie tient au fait que cette étude était basée sur l’usage d’hormones non bio-identiques. Il est vrai que le Premarin®, même s’il n’est pas bio-identique (c’est un extrait d’urine de juments gravides) contient quand même certains oestrogènes qui se rapprochent suffisamment des nôtres pour avoir des effets bienfaisants sur le profil lipidique. Mais ce qui a tout gâché est l’ajout du Provera® pour les femmes qui ont leur utérus et c’est le volet de l’étude qui suscité le plus d’inquiétudes. Voici ce qu’écrit le Dr George Gillson, M.D. directeur médical du laboratoire RMA de Calgary qui se spécialise dans l’analyse salivaire des hormones, «L’étude WHI et bon nombre d’études qui ont précédé ont prouvé que de combiner les œstrogènes oraux avec l’AMP (acétate de médroxyprogestérone) augmente le risque de cardiopathies. L’AMP fait obstacle aux effets vasodilatateurs de l’œstradiol, autant chez les animaux que chez les humains. La progestérone ne fait pas obstacle aux effets vasodilatateurs de l’œstradiol. L’AMP augmente le risque de coagulation anormale du sang, ce qui n’est pas le cas avec la progestérone. La progestérone n’a pas d’effet sur la protéine C-réactive, un marqueur de l’inflammation liée aux cardiopathies, alors que le MPA augmente les niveaux de protéine C-réactive. La progestérone ralentit la prolifération des cellules musculaires lisses dans les artères, qui est une étape dans la progression des maladies du cœur, alors que l’AMP encourage cette prolifération. En définitive, l’AMP était probablement le pire partenaire qu’on aurait pu donner à l’œstrogène.»3

Il est absolument clair, suite aux analyses plus poussées qui ont été faites de l’étude WHI, que l’effet de premier passage au foie de l’œstrogène, quelle qu’en soit la sorte (et cela s’applique aussi aux contraceptifs oraux), fait augmenter les facteurs de coagulation anormale du sang pouvant provoquer des accidents vasculaires cérébraux et des thromboembolies. Ce qui est également très clair dans ces analyses est que l’AMP non seulement fait obstacle aux effets vasodilatateurs de l’œstrogène mais augmente le risque de vasospasmes, une constriction des vaisseaux sanguins qui peut être fatale. Mais notons en passant que Premarin® et Provera® sont encore les seuls produits pour les THS qui sont couverts par la Régie de l’assurance maladie du Québec.

Comme l’explique le Dr John Lee dans «Tout savoir sur la préménopause», la nature a doté les femmes de deux hormones, l’œstrogène et la progestérone, qui fonctionnent en synergie – la progestérone crée des récepteurs d’œstrogène et sensibilise les cellules à cette hormone tout en jouant un rôle modérateur sur la stimulation oestrogénique de tissus comme l’endomètre et les seins.4 Pourtant, et en ceci le Dr Gillson fait écho au Dr Lee, en continuant de ne prescrire que de l’œstrogène aux femmes qui n’ont pas leur utérus, les médecins agissent au grand détriment de ces femmes en les privant des bienfaits de la progestérone à un moment où elles en ont le plus besoin.




Références et lectures suggérées

 

2 Site www.womentowomen.com:
http://www.womentowomen.com/heartdiseaseandstroke/whateverywomanshouldknow.aspx

3 Dr George Gillson, M.D. La thérapie hormonale plus efficace et sécuritaire c’est possible. Page 51. Disponible sous l'onglet «Boutiques / Matériel éducatif»

4 Dr John R. Lee, M.D. Tout savoir sur la préménopause, Éditions Sully

www.santedesfemmes.com
1.800.486.0535

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