L’inflammation est en fait une réaction de notre système immunitaire et la réponse que notre corps produit afin de nous protéger des bactéries, des virus ou des toxines. Normalement, elle fait partie d’une réponse immunitaire saine qui sert à prévenir une invasion par des envahisseurs.

Cependant, nous devenons souvent notre pire ennemi lorsque notre système immunitaire devient hyperactif et que la réponse inflammatoire finit par faire des ravages partout dans notre corps. Et malheureusement, une fois enclenché, le processus inflammatoire devient difficile à contrôler. Ce processus est souvent sournois et silencieux, et peut finir par être mortel. L’inflammation peut être totalement invisible à l’oeil nu, et souvent, seules des analyses sanguines très spécifiques peuvent détecter le niveau d’inflammation.

Pourquoi notre système immunitaire devient-il hyperactif?
Parce que plusieurs des aliments, des additifs et des produits chimiques présents dans notre environnement et dans ce que nous consommons allument nos défenses immunitaires.

Il semble que le processus de vieillissement vienne avec l’inflammation chronique, qui peut par la suite se transformer en maladie chronique. Avec le temps, l’inflammation chronique mène à une dégradation du collagène, une destruction des articulations, des vaisseaux sanguins, du système digestif, du cerveau, des tissus nerveux ou autres organes, au vieillissement prématuré, aux maladies et finalement, à la mort.

Il y a longtemps qu’on a découvert le lien entre l’inflammation chronique, le processus de vieillisement et les maladies chroniques, mais cela ne fait que quelques années que les chercheurs se penchent plus sérieusement sur cette connection entre les trois.

Les gérontologues savent depuis longtemps que les problèmes reliés à l’inflammation semble augmenter avec l’âge, mais personne ne sait réellement quelle en est la cause première – le vieillissement ou bien l’inflammation? L’inflammation est aussi très étroitement reliée aux maladies, plus spécialement aux maladies chroniques, donc on a toujours pensé qu’avec le vieillissement venait naturellement l’inflammation, et la maladie.

Par contre, ce que l’on sait maintenant, c’est que le vieillissement n’est pas nécessairement accompagné par l’inflammation, ce qui veut dire que plusieurs d’entre nous peuvons vivre jusqu’à un âge très avancé sans pour autant être atteint d’une maladie chronique. Le fait de réduire l’inflammation en premier lieu, avant que cela ne nous fasse vieillir prématurément, peut être largement contrôlé par une bonne alimentation.

Selon Russell Tracy, professeur de pathologie et de biochimie au collège de médecine de l’Université du Vermont, et pionnier de l’étude qui a démontré le rôle de l’inflammation dans les maladies cardiaques:

«Des facteurs inflammatoires peuvent prédire pratiquement tout problème de santé chez l’humain. Ils peuvent prédire les infarctus, l’insuffisance cardiaque, le diabète, la fragilisation avec l’âge avancé, le déclin des fonctions cognitives, et même le cancer...»

L’homme des cavernes avait besoin d’un système immunitaire fort pour combattre des infections dangereuses et mortelles. Maintenant, nous vivons dans un monde plus «stérilisé» où notre système immunitaire est beaucoup moins exposé aux bactéries et aux autres microorganismes que ne l’étaient nos ancêtres. Dans un certain sens, c’est une bonne chose d'être moins exposés aux pathogènes dangereux, mais du côté du système immunitaire, c’est plus problématiquep puisque notre capacité à nous développer et à survivre en tant qu’êtres humains est grandement reliée à la force de notre système immunitaire. Il semble que dans notre monde moderne stérile, notre système immunitaire et l’inflammation ont davantage tendance à se tourner contre nous. Voici les associations entre l'inflammation et les maladies chroniques les plus redoutables que la science nous permet de faire actuellement :

Chez les patients âgés qui sont atteints de la maladie d’Alzheimer (une maladie dégénérative chronique et progressive qui touche le cerveau), on a observé que certaines parties du cerveau étaient obstruées par des plaques d’enchevêtrements neurofibrillaires. Ces même patients avaient une concentration élevée de cellules atteintes d’inflammation et de cytokines (un produit de la réponse immunitaire). Il est donc assez évident que la maladie d’Alzheimer est fortement associée à l’inflammation.

Chez les personnes atteintes de diabète, l’inflammation et la résistance à l’insuline travaillent de concert au processus de destruction. Un niveau de sucre sanguin élevé augmente les facteurs inflammatoires. Les médicaments qui sont connus pour restaurer la sensibilité à l’insuline sont également efficaces pour diminuer les marqueurs inflammatoires comme l’interleukine-6 (IL-6) et la protéine C-réactive (CRP).

Même l’ostéoporose et la dépression pourraient bien avoir des causes inflammatoires, associées avec le processus de vieillissement. Il a même été prouvé scientifiquement que l’activité inflammatoire dégradait le muscle squelettique, menant à une perte de masse musculaire maigre. Et pour couronner le tout, un surplus de gras corporel favorise une apparition plus précoce de la maladie, car les cellules adipeuses augmentent l’inflammation, et provoquent un vieillissement prématuré.

L’inflammation peut être un processus très subtil – dont vous ne percevez même pas la présence!
Souvent, un faible taux d’inflammation dans le corps est considéré comme anodin comparativement à une infection fulgurante, une grosse fièvre ou une réaction allergique, qui sont des situations où la médecine moderne peut intervenir très efficacement . La plupart du temps, l’inflammation chronique se produit à un niveau beaucoup plus sournois, qui peut échaper à l'attention de votre médecin. Quand l’inflammation mijote en arrière-plan dans les différentes parties du corps, avec les années, les dommages s’accumulent – au niveau du coeur, du cerveau, des nerfs, du système digestif, des os, des articulations et plus encore.

Donc, la question est:

qu'est-ce qui vient en premier? Est-ce que l’inflammation accélère le processus de vieillissement, ou bien au contraire, est-ce le processus de vieillissement qui accélère l’inflammation?

La réponse que nous donne la science à l'heure actuelle est la suivante:

Vous pouvez contrôler votre façon de vieillir et la vitesse à laquelle vous vieillissez – en contrôlant – et en limitant – l’inflammation dans le corps.

Ce que vous mangez et la quantité que vous absorbez a un effet indiscutable sur le niveau d’inflammation dans le corps. Plusieurs aliments transformés, additifs alimentaires, produits chimiques, et pesticides présents dans votre nourriture sont reconnus pour augmenter l’inflammation. De plus, les sensibilités alimentaires, les mauvais gras, les allergies, et les problèmes de tolérance au gluten augmentent également la réaction inflammatoire.

Ce qui devient de plus en plus évident dans les études est que limiter et contrôler votre taux de glucose sanguin diminuera fortement l’inflammation et le vieillissement.

L’alimentation riche en glucides/riche en céréales et faible en gras que beaucoup de gens consomment en Amérique, est extrêmement inflammatoire. Les sucres rafinés et les autres aliments à index glycémique élevé font augmenter le taux de glucose et d’insuline dans le sang, et mettent le système immunitaire en état d’alerte. Des niveaux élevés d’insuline activent également des enzymes qui augmentent le niveau d’acide arachidonique dans votre sang.

L’inflammation dans nos corps commence souvent dans notre système digestif avec des sensibilités à des aliments que nous consommons tous les jours comme le lait pasteurisé, le maïs et le blé. Ces aliments contiennent des protéines qui activent la cascade inflammatoire. Vous pourriez être allergique ou sensible à n’importe lequel de ces aliments et ne pas le savoir – mais ils peuvent être en train de créer de l’inflammation dans votre corps de façon sournoise et presque imperceptible au début.

Les gras et l’inflammation
Autrefois considérées comme saines, les huiles polyinsaturées comme l’huile de carthame, de coton, de tournesol, de maïs, d’arachide et de soya contiennent beaucoup d’acide gras oméga-6. L’abondance d’oméga-6 dans notre alimentation crée un déséquilibre qui aura un impact sur tous les systèmes du corps. Sans une quantité suffisante d’oméga-3 pour garder un bon ratio avec les omégas 6, le corps transformera les oméga-6 en excès en acide arachidonique, qui est hautement inflammatoire.

Les gras non-naturés hydrogénés, comme les gras trans, créent des radicaux libres qui endommagent les cellules saines et qui provoquent l’inflammation. Les gras trans sont fabriqués en soumettant des huiles hautement polyinsaturées à une température extrême et à une haute pression – jusqu’à ce qu’il y ait un changement dans la strcuture chimique qui fait que l’huile s’oxyde et se conserve presqu'indéfiniment sans rancir. 

Ces gras trans malsains compétitionnent avec les oméga-3 dans la membrane cellulaire (qui est fabriquée d’acides gras). Lorsque la membrane cellulaire est fabriquée essentiellement d’oméga-6 et de gras trans, la membrane devient moins saine et plus friable, ce qui limite l’absorption des nutriments. Les cellules mal structurées qui en résultent ne peuvent se défendre efficacement contre des envahisseurs dangereux, et finissent par s’affaiblir et mourir, ce qui permet souvent à des pathogènes dangereux de se reproduire, sans être refrénés par le système immunitaire.

Autant les gras trans qu’un excès d’oméga-6 encouragent le stockage de gras corporel, spécialement dans l’abdomen. Un excès de gras abdominal, qui peut être mesuré par une taille de plus de 35 pouces (88,9 cm) pour une femme et de plus de 40 pouces (101,6 cm) pour un homme, indique un niveau élevé d’inflammation, puisque le gras abdominal produit des cytokines inflammatoires dans le corps.

Une alimentation riche en acides gras oméga-6 (huile végétales) favoriserait grandement le vieillissement de la peau et l’apparition des rides, et augmenterait les risques de cancer lors de l’exposition au soleil. Dans une étude effectuée sur des sujets qui avaient une alimentation riche en acides gras oméga-6 , on a observé une augmentation du niveau de PGE(2), un messager chimique inflammatoire qui favorise la croissance de cellules pré-cancéreuses et cancéreuses au niveau de la peau.

Heureusement, il existe plusieurs types de gras anti-inflammatoires, qui sont très efficaces pour aider notre corps à rester jeune et à combattre les effets du vieillissement et de l’inflammation.

Ce sera le sujet traité dans la 2e partie de cet article, publiée dans notre bulletin de juin. Entre temps, si vous ne l’avez pas encore fait, prenez connaissance du livre de Jacqueline Lagacé, «Comment j’ai vaincu la douleur et l’inflammation chronique par l’alimentation». Vous pouvez facilement vous le procurer dans les librairies au Québec ainsi que sur amazon.ca, amazon.fr ou renaud-bray.com.

 

 

Référence:
http://www.simplesmartnutrition.com/recent-posts/inflammation-silent-and-sneaky-partner-of-aging-and-disease

 

 

Cliquez ici pour la seconde partie de cet article. 

 

Commentaires   

+1 #1 christine Braive 03-06-2014 16:00
Bonjour,

Merci pour vos articles ils sont vraiment très intéressants.
Pour rétablir l'équilibre omega3 et omega6 j'utilise depuis quelques années de l'huile de colza qui est une mine d'omega3.Petit conseil il faut la conserver au frigo. Bien cordialement,
Christine
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