Le syndrome des jambes sans repos (SJSR) se manifeste chez certaines personnes par un simple inconfort, mais chez d’autres, c’est un état pathologique extrêmement invalidant qui perturbe le sommeil et qui pousse souvent la personne qui en souffre, à se lever et à marcher pour obtenir un soulagement.

Bien que le SJSR soit plus prononcé le soir au moment du coucher, ou pendant la nuit, certaines personnes ressentent le besoin de bouger ou de marcher pendant la journée lorsqu’elles sont assises ou en période de repos. Chez d’autres personnes, le SJSR se manifeste par des crampes dans les mollets et dans les pieds.

Le Dr Michael Platt, auteur du livre Adrenaline Dominance déclare que «l’excès d’adrénaline qui subsiste dans le corps pendant la nuit serait en cause dans le SJSR. Les personnes atteintes de SJSR ont souvent des symptômes associés à un haut niveau d’adrénaline comme le grincement des dents, le besoin d’uriner souvent, une tendance à bouger et à se retourner beaucoup pendant la nuit, et ces personnes se réveillent souvent le matin avec un mal dans le bas du dos

L’idée que le SJSR soit le résultat d’une trop grande quantité d’adrénaline circulant dans le corps est aussi confirmée par la recherche scientifique qui démontre que le niveau de neurotransmetteurs GABA, qui sont responsables de neutraliser l’adrénaline, est plus faible chez les personnes souffrant du SJSR.1 Aussi, la pression sanguine nocturne est plus élevée chez ces personnes, ce qui est un symptôme directement lié à un taux d’adrénaline élevé et faisant partie de la réaction de survie fight or flight (combattre ou fuir). Les sautes d’humeur sont plus courantes chez ces personnes et font aussi partie des symptômes.

 Le Dr Platt déclare que «de façon caractéristique, les patients atteints du SJSR ont un excès d’adrénaline, et peuvent se tourner et se retourner encore et encore pendant la nuit. Ils peuvent être prompts à se fâcher, workaholic, et auront souvent un diagnostic de fibromyalgie (douleurs dans le bas du dos et au niveau des hanches, grincement de dents etc.). Ils ont aussi tendance à boire un peu trop d’alcool et souffriront d’hypoglycémie (ils auront sommeil vers 3-4 heures de l’après-midi ou lorsqu’ils sont en voiture). Une surproduction d’insuline et une sous-production de progestérone seront souvent associées.»

Le corps produit de l’adrénaline dans deux circonstances particulières. Premièrement, en réaction à un stress afin d’activer la réponse fight or flight (combattre ou fuir). Deuxièmement, en réponse à un niveau de sucre sanguin trop faible. Le cerveau dépend grandement du maintien permanent d’un taux de sucre stable pour fonctionner adéquatement. Donc, lorsque le niveau de sucre sanguin devient trop faible, la production d’adrénaline augmente, ce qui favorise la conversion des protéines en glucose. 

Si le corps détecte un taux de sucre sanguin trop faible pendant la nuit, ce qui arrive habituellement entre 2h30 et 3h00 de la nuit, il déclenchera la production d’adrénaline, ce qui peut réveiller la personne et déclencher une crise de SJSR, le besoin d’uriner et d’autres signes d’activation de l’adrénaline.  

Mais pourquoi le taux de sucre sanguin deviendrait-il si bas pendant la nuit? Plusieurs personnes vivant une vie trop stressante, avec une consommation excessive de stimulants, de sucre et d’aliments raffinés vont perdre le contrôle de leur glycémie et deviendront résistants à l’insuline. L’insuline est la première hormone à être relâchée lorsque le niveau de sucre sanguin augmente. Le rôle de l’insuline est de prendre le sucre présent la circulation sanguine afin de l’emmener aux cellules pour leur énergie (ou bien pour le stocker sous forme de graisse si la quantité de sucre est plus grande que vos besoins). Si ce mécanisme se produit trop souvent, vos cellules commenceront à devenir résistantes à l’insuline. Votre corps devra travailler encore plus fort pour faire diminuer le niveau de sucre sanguin et cette efficacité retardée va à son tour faire trop diminuer votre taux de sucre sanguin, ce qui déclencher la production d’adrénaline. C’est un cercle vicieux qui va empirer tant que vous ne travaillerez pas à équilibrer votre glycémie. Tout est une question d’équilibre! 

Équilibrer votre glycémie est la clé
La seule vraie solution au SJSR est de faire diminuer l’adrénaline. Alors une des premières choses à faire pur cela est d’équilibrer votre niveau de sucre sanguin pour éviter le déclenchement répété de la production d’adrénaline. Une façon de vous aider est de suivre une alimentation faible en glucides rapides. Ceci inclut de consommer moins de glucides (seulement ceux qui ont un faible indice glycémique), plus de protéines pour éviter la perte musculaire dû à la transformation des protéines en sucre, et il est préférable de manger peu et plus souvent. Nous recommandons 3 repas et 2 collations faibles en glucides rapides par jour. Surtout, éviter de trop vous faire attendre et d’avoir trop faim avant de manger, sinon votre corps pensera que c’est la famine, et il y aura automatiquement production d’insuline pour alimenter votre cerveau et pour votre survie.  

Mieux gérer le stress
L’experte en gestion du stress Susannah Lawson, propose plusieurs façons d’identifier ce qui vous cause du stress, comment mieux le gérer, comment transformer votre vie et comment changer vos réactions, de façon à faire diminuer votre niveau d’adrénaline. Une des techniques qu’elle propose est la cohérence cardiaque qui consiste à ralentir consciemment vos respirations de façon à faire diminuer le nombre de battements de votre cœur, et à vous calmer. C’est quelque chose que vous pouvez faire juste avant d’aller dormir. Une autre méthode pour faire diminuer l’adrénaline dans le sang est d’écouter de la musique douce avant d’aller dormir ou même pendant votre sommeil. Ceci amènera votre cerveau à passer du mode «stimulé» (ondes bêta) au mode «relaxe» (ondes alpha).  

Le magnésium peut vous aider. Le magnésium est un relaxant naturel pour les muscles et pour l’esprit. Les muscles ont besoin de magnésium pour se relaxer et ceux qui ont une carence vont souvent avoir des crampes musculaires ou des spasmes dans les jambes. Une étude effectuée sur dix personnes atteintes du syndrome des jambes sans repos et à qui l’on a administré du magnésium chaque matin pendant 4 à 6 semaines, ont vu diminuer de moitié les réveils nocturnes causés par le SJSR.2

Dans la littérature médicale, il y a l’histoire d’une femme qui avait le SJSR depuis 13 ans et dont le cas s’est aggravé pendant la grossesse. On a dû lui prescrire le repos au lit à cause de contractions prématurées, et le seul traitement qu’elle pouvait recevoir était du magnésium sous forme intraveineuse pour relaxer ses muscles. Le médecin en charge a rapporté que «les symptômes du SJSR ont complètement disparu pendant de traitement, et ce, à partir du premier jour de traitement.»3 

La progestérone neutralise l’adrénaline
Un des effets de l’hormone progestérone est de neutraliser l’adrénaline. Le niveau de progestérone est souvent diminué chez les femmes à la périménopause, car cette hormone est principalement produite par les ovaires, qui commencent à diminuer leur production durant cette période de la vie. Mais certaines femmes ont des cycles anovulatoires, ce qui fait que leurs ovaires ne produisent pas de progestérone pendant ces cycles. La progestérone est aussi fabriquée par les glandes surrénales autant chez les hommes que chez les femmes.  

Le Dr Michael Platt rapporte qu’il obtient beaucoup de succès auprès de ses patients atteints de SJSR simplement en utilisant une crème à la progestérone naturelle bio-identique. «J’ai obtenu 100% de succès chez mes patients en équilibrant leurs hormones, et souvent pendant la première semaine de traitement. Les patients se sentent plus relaxés, ils peuvent dormir pendant la nuit, l’agressivité disparaît, et ils peuvent se concentrer plus facilement.» Il a aussi utilisé la crème à la progestérone chez ses patients masculins et a obtenu les mêmes résultats. 

La progestérone naturelle ou bio-identique agit rapidement, en quelques minutes, et doit être appliquée dans les régions minces de la peau comme l’intérieur des bras. Aux États-Unis, la crème à la progestérone se vend sur les tablettes des pharmacies, mais en Europe et au Canada vous pouvez obtenir une prescription de votre médecin ou bien la commander sur internet notamment sur le site www.boutiqueantiage.com

 

 

Références:

  1. 1. Winkelman J et al, ‘Restless legs syndrome and central nervous system gamma-aminobutyric acid: preliminary associations with periodic limb movements in sleep and restless leg syndrome symptom severity.’ Sleep Med. 2014 Jun 12. pii: S1389-9457(14)00253-6
  2. 2. Hornyak M1 et al, ‘Magnesium therapy for periodic leg movements-related insomnia and restless legs syndrome: an open pilot study.’ Sleep. 1998 Aug 1;21(5):501-5. [http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/9703590]
  3. 3. Bartell S1, Zallek S. ‘Intravenous magnesium sulfate may relieve restless legs syndrome in pregnancy.’ J Clin Sleep Med. 2006 Apr 15;2(2):187-8.

Source*:
https://www.patrickholford.com/advice/restless-leg-syndrome

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Commentaires   

0 #1 Louise Cliche 28-09-2015 00:40
Chère Micheline,

Cet article confirme ce que je soupçonnais depuis quelque temps. En janiver dernier, je me suis sevrée de mes hormones (Estrogel et Renew Balance). Peu de temps après, le syndrome des jambes sans repos s'est manifesté en force; aussi parce que ma ferritine était très basse. Depuis que je prends du fer, mes symptômes ont diminué, mais je songe à reprendre la progestérone bio-identique pour mettre toutes les chances de mon côté. Le SJSR est très invalidant.

Merci pour cet article et merci pour votre dévouement.

Louise Cliche
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