Des psychologues de la région de Pittsburg – l’épicentre national de la recherche sur le stress – savent depuis longtemps que le stress chronique cause des problèmes psychologiques comme la dépression, l’anxiété et la colère. Mais on sait maintenant que la sensibilité au stress – ou plutôt l’hypersensibilité au stress – peut aussi se manifester dans le corps physique en causant des maladies cardiovasculaires ou infectieuses, et en aggravant les symptômes des maladies auto-immunes et du SIDA. Le stress rend même les gens plus susceptibles d’attraper un rhume ou d’avoir une surinfection à la suite d’un rhume.

En 1995, l’équipe de recherche sur le stress de l’Université de Pennsylvanie a questionné 435 participants chaque jour sur une période de 8 jours, afin de mesurer le niveau de stress et la réaction au stress. L’équipe a également effectué des tests salivaires pour analyser le taux de cortisol, l’hormone du stress. Dix ans plus tard, soit en 2005, l’équipe a répété le questionnaire et les tests salivaires.

Les résultats de l’étude, qui ont été publiés tout récemment dans la revue Annals of Behavioral Medicine, mènent à penser que la difficulté à gérer les petits stress de la vie quotidienne augmente le risque d’avoir un problème de santé chronique dix ans après. Selon cette étude, «les résultats indiquent que si l’on mesure la réaction émotionnelle des gens aux petits stress de la vie quotidienne, cela peut permettre de prédire la survenue de problèmes de santé chroniques».

La découverte clé de cette étude est la suivante: «les petits stress mineurs de la vie quotidienne peuvent nuire à la santé, même si la personne ne vit pas nécessairement de stress chronique. Ils sont moins nuisibles mais ont tout de même un impact défavorable», car ils provoquent notamment la fatigue, les maux de gorge, les maux de tête et les maux de dos. Ils aggravent également les symptômes des problèmes de santé chroniques, comme une augmentation de la douleur chez les gens qui souffrent de maux de tête ou d’arthrite rhumatoïde, ou encore une aggravation des symptômes de maladies comme le psoriasis.

La difficulté à gérer les petits stress de la vie quotidienne peut aussi provoquer l’hypertension. Cela augmente également le risque de souffrir du syndrome métabolique – un précurseur du diabète de type II – et même de maladies cardio-vasculaires.

L’étude précise que le problème n’est pas le stress en lui-même qui pose problème, mais plutôt la réaction de la personne face au stress. La conclusion est que lorsque nous avons affaire aux petits stress de la vie quotidienne, il est préférable d’être de type «teflon» plutôt que «velcro». C’est-à-dire qu’il ne faut pas laisser le stress coller à nous comme de la mousse sur du velcro. Il faut plutôt lâcher prise et le laisser glisser sur nous comme de l'eau sur le dos d'un canard ou une crêpe dans une poêle en teflon.

Tout le monde fait face à toutes sortes de stress quotidiens. Mais la personne de type velcro a plus tendance à être perturbée par ce qui lui arrive et à réagir de façon beaucoup plus émotionnelle et négative. De plus, ce type de personnalité ne lâche pas prise de ses déceptions, de ses peurs, de ses blessures morales ou de ses rancunes. Par conséquent, cela augmenterait de 10 % le risque d’avoir un problème de santé chronique 10 ans plus tard.

David M. Almeida, docteur en psychologie au Center for Healthy Aging de l’Université de Pennsylvanie et leader de l’étude, explique: «nos activités de la vie quotidienne ont évolué beaucoup plus rapidement que la physiologie de notre corps. Nous avons tenté de déterminer qui sont les personnes de type teflon et qui sont les personnes de type velcro. Il n’est pas surprenant de découvrir que les personnes qui ont davantage de ressources financières et de ressources socio-économiques sont plus portées à être des personnes de type teflon. Ces personnes ont également moins tendance à être névrosées et ont plus d’habiletés cognitives.»

Les personnes extroverties ou sociables vivent également moins de stress, selon le Dr Almeida. Les personnes qui ont été élevées dans un milieu où les parents étaient chaleureux, où il y avait un bon niveau d’éducation sont plus de type teflon. Aussi, ceux dont l’intelligence est plus développée et qui ont de la facilité à trouver une solution à leurs problèmes, vivrons moins de problèmes lorsqu’ils seront confrontés au stress.

Cette étude est la première à relier la difficulté à gérer le stress vécu au quotidien, aux problèmes de santé chroniques, que l’on croyait au départ seulement associés au stress chronique. Ces problèmes incluent les problèmes digestifs, les problèmes reliés à la douleur et les troubles urinaires. Thomas Kamarck, un professeur en psychologie et en psychiatrie de l’Université de Pittsburgh, et dont les études sont concentrées sur les impacts du stress sur la santé, rapporte que l’étude de l’Université de Pennsylvanie associe «le type de réaction émotionnelle aux petits stress de la vie quotidienne comme un élément de prédiction de maladies chroniques au bout de quelques années.»

Il existe déjà certaines explications en ce qui concerne la voie métabolique qui mène du stress vers la maladie. Sheldon Cohen, le directeur du Laboratoire d’Étude sur le Stress, l’Immunité et la Maladie, à la Carnegie Mellon University (CMU) et son équipe, ont été les premiers à démontrer comment le stress chronique mène directement à la maladie, par exemple dans le cas du rhume de saison. Ce modèle est maintenant standard pour expliquer comment le stress peut causer un excès d’inflammation dans le corps, laquelle mène à d’autres maladies

La série d’études effectuées révèlent les processus suivants : les petits stress de la vie quotidienne déclenche la production de l’hormone cortisol, qui a plusieurs effets dans le corps dont celui de réduire la fonction immunitaire et la réponse inflammatoire.

Par contre, lorsque le stress perdure, la personne continue à produire de grandes quantités de cortisol et par le biais de mécanismes de rétroaction, le corps finit par devenir résistant à cette hormone. Les récepteurs situés sur la surface des cellules tendent à se désensibiliser et à avoir moins d’affinité pour le cortisol. Ceci empêche le cortisol de se fixer sur ces cellules et de réduire la production de substances inflammatoires. Cela a pour résultat que le corps n’arrive plus à contrôler l’inflammation lors de simples maladies infectieuses comme le rhume ou la grippe, qui peuvent à leur tour dégénérer en surinfection. L’inflammation n’est plus contrôlée non plus dans le cas de maladies auto-immunes comme l’arthrite rhumatoïde, ou lors de maladies coronariennes qui peuvent même mener à un infarctus.

Les études à la CMU ont démontré que les cellules immunitaires des gens qui souffrent de stress chronique – comme les conflits avec le patron, le conjoint ou des proches, des périodes sans emploi prolongées, ou un emploi non-valorisant ou hostile – deviennent insensibles au cortisol, ce qui empêche cette hormone de réduire l’inflammation. Par conséquent, lorsque ces personnes sont exposées à un virus comme celui du rhume, leur corps est incapable de prévenir efficacement les symptômes de la maladie causés par la réponse inflammatoire.

Les médecins recommandent de faire de l’exercice et d’adopter de saines habitudes de vie afin de diminuer l’impact du stress sur la santé. Le yoga, la méditation et la prière sont de très bonnes façons de mieux vivre le stress de la vie quotidienne. Une intervention très importante pour aider le corps à gérer le stress est l’hormonothérapie à base d’hormones bio-identiques transdermiques. La progestérone, en particulier, joue un rôle très important pour aider à resensibiliser les récepteurs de cortisol car elle peut occuper les mêmes récepteurs cellulaires. Il y a également des récepteurs cellulaires de progestérone dans le cerveau et cette hormone, en occupant les récepteurs GABA du cerveau, aide grandement à reprendre le contrôle de ses émotions et à rétablir le calme intérieur.

 

 

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Commentaires   

0 #1 Nathalie Camirand 29-07-2013 01:54
Un gène a été indentifié à la source des types teflon ou velcro. Le gène 5HTT à longues chaines pour les "teflon" et courtes chaines pour "les velcro". Il y a aussi ceux qui sont nés de parents longues et courtes chaines on l'on retrouvera un mélange de courtes et longues chaines. En d'autres mots, ces gens auront une capacité moyenne à gérer le stress. Cela aide grandement à augmenter notre capacité d'empathie face aux gens qui vivent des stress majeurs face à des éléments stresseurs, pour certains, mineurs...
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