Le syndrome prémenstruel (SPM) est le nom par lequel on désigne un ensemble de problèmes que beaucoup de femmes éprouvent vers la fin de leur cycle menstruel et pendant les règles: menstruations douloureuses, irrégulières ou abondantes, maux de tête, sautes d’humeur, dépression, anxiété, gonflements de l’abdomen et des seins, rétention d’eau, etc.

Nous devons au Dr Katharina Dalton, M.D., une scientifique d’Angleterre pionnière de la recherche sur le SPM, d’avoir identifié dans les années 50 la cause de ces troubles féminins comme étant principalement la carence en progestérone pendant la phase lutéale (la deuxième moitié) du cycle menstruel. Malgré le fait que ses travaux ont été publiés dans des revues scientifiques prestigieuses à l’époque, le monde médical a largement ignoré ses découvertes et son approche thérapeutique très efficace basée sur l’utilisation de la progestérone bio-identique.

Trois décennies plus tard, dans les années 80, le Dr John R. Lee, M.D. s’est distingué par ses propres recherches sur la progestérone. Mais il est allé plus loin en mettant les femmes en garde contre une alimentation dévitalisée et chimifiée, l’excès de consommation des huiles végétales de type oméga 6, surtout les huiles hydrogénées, la consommation de viande, de lait et d’oeufs provenant des d’animaux et de volaille traités aux hormones et l’excès de stress inhérent à notre style de vie trépidant. Il a aussi parlé des dangers d’une trop grande exposition aux xénoestrogènes, qui sont des produits chimiques qui peuvent se lier à nos récepteurs cellulaires d’oestrogène et perturber tout notre système hormonal. Il a été un des premiers dans le monde médical à soupçonner le rôle des xénoestrogènes dans l’épidémie actuelle de SPM qui atteint les femmes de plus en plus jeunes.

Le SPM est habituellement la première manifestation d’un déséquilibre entre l’oestrogène et la progestérone pendant le cycle menstruel. Ce déséquilibre, qui se produit typiquement à la préménopause alors que les ratés au niveau de l’ovulation font chuter la progestérone beaucoup plus rapidement que l’oestrogène, se voit maintenant de plus en plus chez les adolescentes, même dès la puberté. Cette situation comporte plusieurs dangers car à long terme ce déséquilibre peut mener aux troubles de santé qu’on regroupe sous le nom de «syndrome métabolique» (dont j’ai parlé récemment dans l’Émeraude Plus), sans compter l’augmentation des risques de cancers hormonodépendants.

À l’heure actuelle l’approche médicale standard au SPM est en général basée sur l’usage de la pilule contraceptive ou des antidépresseurs, et vise davantage à gérer les symptômes qu’à traiter et guérir les causes sous-jacentes. La pilule peut rendre la vie d’une adolescente plus tolérable mais ses ovaires n’apprendront jamais à fonctionner par eux-mêmes puisque la pilule les mettra en «knock-out».

Par contre, un traitement à base de progestérone bio-identique transdermique a amplement fait ses preuves comme approche qui donne des résultats rapides (parfois en seulement 4 ou 5 mois dans le cas d’une adolescente) et bien souvent règlent le problème à long terme. La raison du succès de cette approche est simple: plutôt qu’interférer avec la fonction ovarienne comme le fait la pilule, la progestérone bio-identique administrée par voie transdermique permet tout simplement à la «danse des hormones» orchestrée par la nature pendant le cycle menstruel de découvrir ou retrouver son rythme naturel.

Cependant il ne fait aucun doute, et le Dr Lee insistait sur ce point, que l’approche au traitement du SPM doit être holistique, basée sur les piliers de l’équilibre hormonal: alimentation et style de vie sains, désintoxication du foie et des intestins, contrôle du stress, recours à ce que les médecines douces peuvent offrir pour équilibrer les systèmes du corps, et si nécessaire une hormonothérapie «douce», c’est-à-dire à base d’hormones bio-identiques administrées par voie transdermique et dosées selon les besoins individuels.

Beaucoup de femmes qui entendent parler de l’efficacité de la crème à la progestérone bio-identique pour traiter le SPM me demandent où elles peuvent trouver un médecin qui leur prescrira ce genre de produit. Car au Canada nous sommes dans une impasse. Aux É.-U. ces crèmes sont en vente libre, mais au Canada elles ne sont disponibles que sur ordonnance. Même si un nombre croissant de médecins reconnaissent le bien-fondé d’un traitement hormonal à base d’hormones bio-identiques administrées par voie transdermique, ils n’utilisent la plupart de temps cette approche qu’avec l’oestrogène en prescrivant, par exemple, Estrogel®, mais n’appliquent pas la même logique à la progestérone, malgré les études crédibles et l’expérience clinique tout aussi crédible qui démontrent que la progestérone micronisée peut, autant que l’oestrogène, être absorbée par voie percutanée. Le Dr George Gillson, M.D., directeur médical du laboratoire RMA de Calgary, donne dans son livre (voir ci-dessous) des explications claires et étayées par la science qui devraient convaincre tout médecin qui veut bien se donner la peine d’approfondir cette question.




Références et lectures recommandées:
Dr. George Gillson, M.D., «La thérapie hormonale plus efficace et sécuritaire, c'est possible!»
Dr John R. Lee, M.D., «L’équilibre hormonal c’est facile», Éditions Sully


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